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Toux et plantes : ce que l’herboristerie traditionnelle emploie pour le confort respiratoire
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La toux n’est pas une maladie : c’est un réflexe d’expulsion qui dégage les voies respiratoires. Autour de ce réflexe, l’herboristerie a rassemblé des plantes dites adoucissantes ou expectorantes, du thym à la guimauve. Cette fiche explique quelles parties on utilisé, sous quelle forme, combien de temps on infuse — et quand il faut refermer la boîte à tisane et consulter.
La plante repère de cette fiche : le thym
Nom latin
Thymus vulgaris
Famille
Lamiacées
Partie utilisée
Sommités fleuries et feuilles, fraîches ou séchées
Formes d’emploi
Infusion, mélange pour tisane, sirop maison, inhalation, cuisine
Saison de récolte
Du printemps au début de l’été, en pleine floraison, par temps sec
Goût
Chaud, aromatique, légèrement amer et camphré en fin de bouche
Un réflexe qui dégage les voies respiratoires, pas une maladie
Ce qu’on lui prête
Chaque plante de la liste ci-dessous appartient à un usage d’herboristerie ancien, transmis par les tisaniers et repris par la naturopathie. Rien de plus, rien de moins.
La racine de guimauve est traditionnellement classée parmi les plantes adoucissantes, en raison de ses mucilages ; on l’emploie en infusion pour la sensation de gorge sèche et râpeuse.
Les fleurs de mauve sont réputées en herboristerie pour la même douceur enveloppante, et souvent associées à la guimauve dans les mélanges dits pectoraux.
Le bouillon blanc (fleurs de molène) est une plante que les tisaniers rangeaient parmi les « quatre fleurs » des mélanges pectoraux, pour le confort de la gorge et des bronches.
Les bourgeons de sapin et la pulmonaire sont traditionnellement employés en tisane et décrits par l’herboristerie comme expectorants, c’est-à-dire censés aider à évacuer les sécrétions.
L’eucalyptus est réputé en usage traditionnel pour dégager le nez et la poitrine, surtout en inhalation.
Le fenouil est utilisé de longue date comme plante aromatique adoucissante, et sert aussi à rendre les mélanges plus agréables au goût.
Le thym est la plante que l’herboristerie populaire associe le plus souvent à la gorge irritée et aux toux sèches ; on lui prête des propriétés antiseptiques et apaisantes.
La mousse d’Islande, un lichen, est traditionnellement employée pour son effet adoucissant sur la gorge, là encore grâce à ses mucilages.
La réglisse entre dans les mélanges pectoraux anciens, à la fois pour l’usage qu’on lui prête et pour son goût sucré qui masque l’amertume des autres plantes.
Le lierre grimpant figure dans les formulaires d’herboristerie ancienne pour la toux grasse, mais il ne se prépare pas à la maison (voir les précautions).
Comparer les plantes citées
Plante
Partie utilisée
Ce que la tradition lui prête
Guimauve
Racine (décoction ou macérat froid)
Réputée adoucissante, pour la gorge sèche
Mauve
Fleurs et feuilles (infusion)
Usage traditionnel de mélange pectoral doux
Bouillon blanc
Fleurs (infusion, à filtrer finement)
Plante des « quatre fleurs », employée pour le confort des bronches
Thym
Sommités fleuries (infusion, inhalation)
Réputé antiseptique et apaisant pour la gorge
Eucalyptus
Feuilles (infusion, inhalation)
Traditionnellement employé pour dégager nez et poitrine
Bourgeons de sapin
Jeunes bourgeons (infusion, sirop)
Décrits comme expectorants en herboristerie
Mousse d’Islande
Lichen entier (décoction courte)
Usage traditionnel adoucissant, goût très amer
Fenouil
Graines (infusion, écrasées)
Aromatique, employé pour adoucir et parfumer les mélanges
Comment l’employer
L’infusion de thym, la plus simple
Comptez une cuillère à café de sommités séchées (ou une petite branche fraîche) par tasse.
Versez l’eau frémissante dessus, couvrez aussitôt : c’est le couvercle qui retient les composés aromatiques.
Laissez infuser 8 à 10 minutes, filtrez, ajoutez éventuellement du miel et un trait de citron.
On la boit tiède, par petites gorgées, plutôt le soir ou au moment où la gorge gratte.
Le mélange pectoral maison
Le mélange traditionnel associe des plantes adoucissantes et des plantes aromatiques, à parts sensiblement égales : bouillon blanc, fleurs de mauve, racine de guimauve, thym, racine de réglisse.
Mélangez les plantes séchées dans un bocal, secouez pour homogénéiser.
Portez une tasse d’eau à ébullition et versez-la sur une cuillère à café du mélange.
Couvrez et laissez infuser 10 minutes.
Filtrez soigneusement — le bouillon blanc laisse des poils floraux qui irritent la gorge : un filtre à café en papier ou une étamine fine est préférable à une simple passoire.
Sucrez au miel si le goût vous paraît trop herbacé, et buvez tiède dans la journée, en espaçant les tasses.
La décoction de racine de guimauve
Les racines et écorces ne livrent rien à l’eau chaude versée dessus : il faut les faire frémir.
Mettez une cuillère à café de racine coupée dans une tasse d’eau froide, portez à frémissement, puis laissez cuire à couvert 10 minutes.
Variante ancienne : le macérat froid, une cuillère à café de racine dans une tasse d’eau froide, 2 heures, en remuant de temps en temps. La texture est plus enveloppante et le goût très neutre.
L’inhalation
Une poignée de feuilles d’eucalyptus ou de thym dans un bol d’eau très chaude, hors du feu.
Penchez-vous à bonne distance, une serviette sur la tête, et respirez par le nez 5 minutes, yeux fermés.
À éviter chez le jeune enfant et en cas d’asthme, où les vapeurs aromatiques peuvent au contraire irriter.
En cuisine
Le thym et les graines de fenouil se glissent dans les bouillons, les soupes de légumes et les courts-bouillons.
Un bouillon chaud très parfumé reste, dans la tradition domestique, le premier geste de réconfort quand la gorge est sèche.
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : couvrez toujours la tasse pendant l’infusion, et filtrez finement les mélanges contenant du bouillon blanc.
Quelles plantes pour une gorge sèche et qui gratte ?
L’herboristerie associe traditionnellement à cette sensation les plantes riches en mucilages : racine de guimauve, fleurs de mauve, mousse d’Islande. Le thym est lui aussi réputé apaisant pour la gorge irritée. On les emploie en infusion ou en décoction tiède, sucrées au miel si besoin.
Faut-il infuser ou faire bouillir ?
Les fleurs, les feuilles et les sommités fleuries s’infusent : eau frémissante versée dessus, tasse couverte, 8 à 10 minutes. Les racines et les écorces, comme la guimauve ou la réglisse, demandent une décoction, c’est-à-dire un frémissement d’une dizaine de minutes. La guimauve accepte aussi le macérat à froid.
Pourquoi filtrer le bouillon blanc avec autant de soin ?
Ses fleurs portent de fins poils qui traversent une passoire ordinaire et irritent la gorge, à l’inverse de l’effet recherché. Un filtre à café en papier ou un linge fin règle le problème en quelques secondes.
Quand faut-il arrêter les tisanes et consulter ?
Dès que la toux s’installe dans la durée, et immédiatement en cas de fièvre élevée, de perte de poids, de maux de tête violents, d’essoufflement, d’asthme ou de sang dans le mucus. Une toux peut avoir des origines sérieuses — bronchite, pneumonie, atteinte pulmonaire — que seul un médecin peut évaluer.
Peut-on donner ces tisanes aux enfants ?
Non sans avis d’un professionnel de santé. Les inhalations et les préparations à base d’eucalyptus sont à écarter chez le jeune enfant, le lierre grimpant ne s’utilisé pas à la maison, et le miel est interdit avant un an.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.