Guimauve officinale : usages traditionnels, préparation et précautions
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La guimauve officinale est la plante à mucilage par excellence : racine, feuilles et fleurs donnent, au contact de l’eau, une texture douce et enveloppante. Voici quelle partie utiliser, en macérat à froid, en infusion, en décoction ou en sirop, avec les quantités d’usage courant, les durées, le goût — et ce qui doit vous faire renoncer.
Carte d’identité de la guimauve
Nom latin
Althaea officinalis
Autres noms
Guimauve officinale, mauve blanche
Famille
Malvacées
Origine
Steppes d’Asie et Midi de la France, plante vivace
Parties utilisées
Racine surtout, feuilles et fleurs
Formes d’emploi
Macérat à froid, infusion, décoction, sirop, compresse, gargarisme
Saison de récolte
Fleurs et feuilles en été ; racines à l’automne, sur des pieds de deux ans
Goût
Très doux, légèrement sucré, texture veloutée presque sirupeuse
Le calicule à plus de six bractées distingue la guimauve des mauves
Ce qu’on lui prête
La guimauve appartient au petit groupe des plantes dites « à mucilage », dont l’herboristerie fait un usage très constant depuis l’Antiquité.
Elle est réputée émolliente et adoucissante : c’est la qualification que lui donne l’herboristerie traditionnelle, racine, feuilles et fleurs confondues.
On l’emploie traditionnellement en cas de gorge irritée et de voies respiratoires sèches ; les fleurs figurent d’ailleurs parmi les « espèces pectorales » des anciennes pharmacopées.
La naturopathie lui prête un effet apaisant sur les muqueuses en général : bouche, gorge, sphère digestive, sphère urinaire.
Les herboristes la conseillent aussi pour son action légèrement laxative, liée au pouvoir gonflant des mucilages.
En usage externe, la tradition l’utilisé sur les irritations cutanées, rougeurs et piqûres d’insectes, en compresse ou en lavage.
On lui prête enfin une réputation adoucissante pour les peaux fines, sèches ou sensibles, ainsi que pour les peaux marquées de couperose.
Comment l’employer
Le macérat à froid de racine, la préparation de référence
Les mucilages se libèrent mieux à l’eau froide qu’à l’eau bouillante : c’est pourquoi la racine se prépare traditionnellement en macération.
Comptez 20 g de racine coupée pour 1 litre d’eau froide.
Laissez macérer 2 à 4 heures, voire une nuit entière, à température ambiante.
Filtrez soigneusement : la préparation est légèrement épaisse et douce en bouche.
L’usage courant est de 2 à 3 tasses réparties dans la journée, tièdes ou à température ambiante.
L’infusion de feuilles et de fleurs
Même proportion : environ 20 g de plante sèche pour 1 litre d’eau.
Rien n’interdit de mélanger fleurs, feuilles et racines dans la même préparation : c’est un usage classique.
Le moment le plus courant : le soir, ou après les repas.
Le sirop de guimauve
Préparez d’abord une décoction de racine : 15 à 20 g pour un demi-litre d’eau.
Filtrez, puis ajoutez environ 1 kg de sucre et faites fondre à feu doux.
Mettez en bouteille propre, conservez au frais et consommez rapidement : un sirop maison ne se garde pas des mois.
C’est la forme que la tradition réserve aux gorges irritées et aux hivers secs.
L’usage externe
Décoction concentrée : 30 à 50 g de plante par litre d’eau, bouillie 15 minutes, puis refroidie et filtrée.
Elle s’emploie en gargarismes, bains de bouche, lavages, compresses ou bains de siège.
Pulvérisée sur le visage, elle est traditionnellement utilisée pour adoucir les peaux fines et sèches.
Préparez-la au dernier moment : une décoction mucilagineuse tourne vite.
Quelle forme pour quel usage ?
Forme
Préparation
Usage traditionnel
Macérat à froid (racine)
20 g/l d’eau froide, 2 à 4 h
Boisson adoucissante, la forme la plus riche en mucilages
Infusion (fleurs, feuilles)
20 g/l, eau frémissante, 10 min à couvert
Tisane du soir, sphère respiratoire selon la tradition pectorale
Sirop
Décoction 15-20 g / 0,5 l + 1 kg de sucre
Gorge irritée, forme appréciée des enfants dès l’âge scolaire
Décoction concentrée
30 à 50 g/l, 15 min d’ébullition
Gargarismes, compresses, lavages, bains de siège
Et la guimauve qu’on mange ?
La confiserie tirait bien son nom, à l’origine, d’une décoction de racine de guimauve.
Elle est désormais fabriquée avec des blancs d’œufs montés, du sirop de sucre et de la gélatine, plus arômes et colorants.
Autrement dit : elle n’a plus rien de commun avec la plante officinale, et ne peut en aucun cas la remplacer.
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : préparez la racine en macération à l’eau froide plusieurs heures, jamais à l’eau bouillante — c’est ainsi qu’elle libère le mieux ses mucilages.
Pourquoi faire macérer la racine à froid plutôt que l’infuser ?
Les mucilages de la racine se dissolvent mieux dans l’eau froide, où ils gonflent lentement et donnent cette texture veloutée caractéristique. L’eau bouillante, elle, altère une partie de cette texture. Comptez 20 g de racine pour un litre d’eau froide et laissez agir 2 à 4 heures, ou toute une nuit.
Quelle partie de la plante faut-il choisir ?
La racine est la plus riche en mucilages, c’est elle qu’on privilégie en macérat et en sirop. Les fleurs et les feuilles, plus légères, se préparent en infusion et sont classées parmi les « espèces pectorales » dans les anciennes pharmacopées. Rien n’interdit de mélanger les trois dans une même préparation.
Peut-on prendre de la guimauve en même temps que ses médicaments ?
Mieux vaut éviter de les prendre ensemble : les mucilages tapissent les muqueuses digestives et peuvent gêner l’absorption des médicaments avalés. L’usage est d’espacer les deux prises d’au moins deux heures. En cas de traitement au long cours, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
La guimauve de la confiserie a-t-elle les mêmes propriétés ?
Non, elle n’a plus grand-chose en commun avec la plante. À l’origine on la confectionnait avec une décoction de racine, mais elle se fabrique désormais avec des blancs d’œufs en neige, un sirop de sucre et de la gélatine, plus arômes et colorants. Pour un usage d’herboristerie, il faut de la racine ou des parties aériennes séchées.
Quand récolter et comment conserver la guimauve ?
Les fleurs et les feuilles se récoltent en été, les racines à l’automne sur des pieds d’au moins deux ans. Lavez les racines, coupez-les en rondelles et séchez-les à l’ombre dans un endroit bien aéré. Conservez ensuite le tout en bocal hermétique, à l’abri de la lumière et surtout de l’humidité.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.