Plantes diurétiques et confort urinaire : ce que dit l’herboristerie
·
Orthosiphon, prêle, bouleau, pissenlit, genévrier… ces plantes reviennent sans cesse dès qu’on parle de « tisanes des reins ». Voici ce qu’elles sont réellement, ce que la tradition herboriste leur prête, comment les préparer à la maison, et surtout les situations où il ne faut surtout pas se lancer seul. Une fiche d’usage, pas un avis médical.
Carte d’identité de l’orthosiphon, la plante la plus citée
Parmi toutes les plantes évoquées pour la sphère urinaire, l’orthosiphon est la plus courante en herboristerie. Elle sert ici de repère : les autres sont comparées plus bas.
Infusion, plante coupée en vrac, sachets, extrait liquide
Saison de récolte
Avant la pleine floraison, en saison chaude ; sous nos climats, la plante est cultivée en pot et rentrée l’hiver
Goût
Herbacé, légèrement amer, très peu parfumé
Ce qu’on lui prête
Tout ce qui suit relève de l’usage traditionnel et du conseil d’herboristerie, jamais d’une action prouvée sur une maladie.
L’orthosiphon est réputé en phytothérapie occidentale pour soutenir l’élimination urinaire et le « drainage » ; c’est à ce titre qu’il figure dans la plupart des mélanges dits « des reins ».
Les feuilles de bouleau et le pissenlit sont traditionnellement employés au printemps dans les cures dites dépuratives, pour leur réputation diurétique.
La prêle des champs, riche en silice, est employée de longue date en herboristerie dans les tisanes de confort urinaire.
Le solidage (verge d’or) et les feuilles d’ortie dioïque sont conseillés par les herboristes dans les mélanges destinés au confort des voies urinaires.
Les baies de genévrier ont un long usage traditionnel comme plante aromatique et diurétique, mais c’est aussi la plus irritante de la liste.
La bardane et le sureau noir appartiennent à la même famille d’usages : la naturopathie leur prête un rôle de soutien des émonctoires.
Le jus de citron, riche en acide citrique, et le jus d’orange font partie des habitudes matinales conseillées en naturopathie pour le confort urinaire.
La tisane de géranium et l’ail en cuisine sont cités dans les usages populaires accompagnant les mêmes recommandations.
Les plantes citées, en un coup d’œil
Plante
Partie utilisée et forme
Ce que la tradition lui prête
Orthosiphon
Feuilles séchées, en infusion
Réputation diurétique, plante de base des mélanges « urinaires »
Bouleau
Feuilles séchées, en infusion ; sève au printemps
Cures de printemps dites dépuratives
Prêle des champs
Tiges stériles séchées, en décoction
Apport en silice, usage de confort urinaire
Pissenlit
Feuilles en salade, racine en décoction
Réputation diurétique et amère, soutien de la digestion
Genévrier
Baies séchées, en infusion courte ou en cuisine
Usage aromatique et diurétique traditionnel, plante irritante
Citron
Jus frais, le matin
Habitude naturopathique, apport en acide citrique
Comment l’employer
Les quantités ci-dessous sont celles de l’usage courant en cuisine et en herboristerie familiale. Elles servent à préparer une boisson agréable, pas à traiter quoi que ce soit.
Infusion d’orthosiphon : environ 1 cuillerée à café de feuilles séchées pour une tasse d’eau frémissante, couvrir, laisser 10 minutes, filtrer. Se boit plutôt dans la journée, rarement le soir puisque la plante est réputée faire uriner davantage.
Infusion de feuilles de bouleau ou d’ortie : même principe, 1 cuillerée à café par tasse, 8 à 10 minutes à couvert. Goût vert, doux, facile à associer à la menthe.
Décoction de prêle : la silice se libère mal à l’infusion. Porter la plante à frémissement dans l’eau froide, maintenir un petit bouillon une dizaine de minutes, puis laisser reposer avant de filtrer.
Tisane de géranium : compter 1 cuillerée à dessert de plante pour une tasse, en infusion couverte de 10 minutes.
Baies de genévrier : quelques baies concassées suffisent, en infusion courte ou, plus simplement, dans une choucroute ou une marinade. On ne prolonge pas l’usage.
Jus de citron : le jus d’un demi-citron pressé dans un verre d’eau tiède, le matin à jeun. Rincer la bouche ensuite, l’acidité n’aime pas l’émail.
Ail : simplement comme épice, cru râpé en fin de cuisson ou confit, dans l’alimentation de tous les jours.
Durée : en herboristerie, les tisanes de ce type se prennent sur des périodes courtes, quelques jours à deux semaines, avec des pauses, plutôt qu’en continu.
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : une tisane de confort urinaire se boit dans la journée, en cure courte, et jamais pour tenter de faire passer une douleur aiguë.
Quelle plante choisir en premier pour une tisane de confort urinaire ?
L’orthosiphon est la plus employée en herboristerie, suivie des feuilles de bouleau et de l’ortie. Ces plantes sont réputées diurétiques, c’est-à-dire qu’on leur prête la capacité d’augmenter le volume des urines. Leur efficacité sur l’organisme humain n’a pas été démontrée : elles relèvent d’un usage traditionnel, pas d’un traitement.
Faut-il boire beaucoup en cas de douleur lombaire brutale ?
Non, et c’est l’erreur la plus répandue. Dès les premiers symptômes de colique néphrétique, il est fortement déconseillé de boire beaucoup d’eau ou de tisane en espérant éliminer les calculs. L’urine s’accumule en amont du canal obstrué et la douleur s’accentue. Cette situation relève du médecin, immédiatement.
Le jus de citron a-t-il un intérêt ?
Le citron est riche en acide citrique, c’est un fait. Le verre d’eau tiède citronnée du matin fait partie des habitudes conseillées en naturopathie pour le confort urinaire. C’est une habitude de boisson, agréable et sans frais : rincez simplement la bouche ensuite, l’acidité abîme l’émail à la longue.
Combien de temps peut-on prendre ces tisanes ?
En herboristerie, on reste sur des périodes courtes, de quelques jours à deux semaines, entrecoupées de pauses. Le genévrier et la prêle, en particulier, ne s’emploient pas au long cours. Un usage quotidien prolongé de plantes diurétiques n’est pas anodin, surtout si vous prenez déjà un traitement.
Peut-on associer ces plantes à un traitement médical ?
Pas sans en parler. Les plantes réputées diurétiques peuvent interférer avec les diurétiques de synthèse, les antihypertenseurs, les anticoagulants ou le lithium. Elles sont aussi déconseillées pendant la grossesse, l’allaitement, chez l’enfant et en cas d’insuffisance rénale ou cardiaque. Votre pharmacien répondra en deux minutes.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
🌿 Cet article vous a plu ?
Jardin, animaux, recettes, nature & bien-être — chaque jour une nouvelle inspiration sur nos réseaux.
Suivez-nous
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.