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Géranium herbe à Robert : ce que l’herboristerie en fait, et comment le préparer
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Petite plante des haies, des vieux murs et des décombres, le géranium herbe à Robert se reconnaît à ses feuilles très découpées qui rougissent en fin de saison et à son odeur franchement forte. On l’utilisé en infusion, en gargarisme ou en application externe sur la peau. Voici la partie récoltée, les formes d’emploi, les dosages d’usage courant et les précautions à connaître.
Carte d’identité de la plante
Nom latin
Geranium robertianum
Famille
Géraniacées
Autres noms
Herbe à Robert, herbe rouge, bec-de-grue
Partie utilisée
Parties aériennes : sommités fleuries, feuilles et tiges
Formes d’emploi
Infusion, décoction légère, gargarisme, cataplasme de plante fraîche broyée, suc
Saison de récolte
De la fin du printemps à la fin de l’été, en pleine floraison
Goût et odeur
Odeur forte et peu agréable, saveur herbacée nettement astringente, qui assèche la bouche
Port
Annuelle ou bisannuelle de 30 à 40 cm, spontanée en France et en Europe
Feuilles découpées et tiges rouges : la plante à récolter
Ce qu’on lui prête
Une saveur astringente : la plante est riche en tanins, ce qui explique la sensation de bouche resserrée après une gorgée d’infusion. C’est un fait de composition, pas une promesse.
Le confort intestinal : l’herboristerie traditionnelle emploie l’infusion de parties aériennes en cas d’inconfort digestif passager et de transit trop rapide, en raison de cette astringence.
La gorge irritée : on la retrouve traditionnellement en gargarisme, pour un usage local de confort quand la gorge est sensible ou enrouée.
Les petites irritations de la peau : la naturopathie lui prête un intérêt en application externe, sous forme de feuilles fraîches froissées ou de cataplasme, sur une peau irritée ou une éraflure superficielle déjà nettoyée.
Un rôle de « plante de sentier » : dans les usages populaires ruraux, on la cueillait sur place, au bord du chemin, pour un usage immédiat plutôt que pour constituer une réserve.
L’huile essentielle : elle est réputée pour ses propriétés antiseptiques en aromathérapie. Rare et coûteuse, elle n’a rien d’un produit du quotidien.
Un médecin du XVIIe siècle, Sennert, a beaucoup vanté cette plante dans ses écrits. Ses affirmations relèvent de l’histoire de la médecine ancienne et ne correspondent à aucun usage recommandé.
Comment l’employer
L’infusion, la forme la plus courante
Plante fraîche : environ une petite poignée de sommités fleuries par litre d’eau, soit à peu près une cuillère à soupe bien remplie par tasse.
Plante séchée : comptez environ deux fois plus en volume, la plante se tassant beaucoup en séchant, soit une bonne cuillère à soupe par tasse.
Préparation : versez l’eau frémissante sur la plante, couvrez, laissez infuser 10 à 15 minutes, puis filtrez soigneusement.
Moment : plutôt après le repas, en usage ponctuel et sur quelques jours au maximum, pas en boisson quotidienne prolongée.
Goût : nettement astringent. Une rondelle de citron, un peu de menthe ou une cuillère de miel rendent la tasse beaucoup plus agréable.
Le gargarisme
Préparez la même infusion, un peu plus concentrée, ou faites frémir les parties aériennes 3 à 5 minutes pour obtenir une décoction légère.
Laissez refroidir jusqu’à température tiède, filtrez très finement, puis gargarisez-vous une trentaine de secondes.
On recrache systématiquement le liquide du gargarisme, on ne l’avale pas.
Préparez une quantité pour la journée et jetez le reste le soir : une infusion ne se garde pas.
L’usage externe sur la peau
Feuilles fraîches : hachées ou froissées entre les doigts, elles s’appliquent directement sur une petite zone de peau irritée.
Cataplasme : broyez les parties aériennes au mortier, étalez la pâte sur une compresse propre et maintenez 10 à 15 minutes.
Suc : obtenu en pressant la plante fraîche, il s’emploie tamponné à la compresse, toujours sur une peau nettoyée au préalable.
Test préalable : appliquez d’abord une petite quantité au pli du coude et attendez quelques heures avant d’étendre l’application.
Comparer les formes d’emploi
Forme
Préparation
Usage traditionnel
Infusion
Eau frémissante sur les sommités fleuries, 10 à 15 min à couvert
Boisson astringente, employée en herboristerie pour le confort digestif passager
Décoction légère
Parties aériennes portées à frémissement 3 à 5 min, puis filtrées
Base plus concentrée réservée aux usages externes et aux gargarismes
Gargarisme
Infusion ou décoction tiède, bien filtrée, recrachée après usage
Usage local de confort quand la gorge est irritée ou enrouée
Cataplasme / suc
Plante fraîche broyée ou pressée, sur compresse, 10 à 15 min
Application externe sur petites irritations cutanées superficielles
Huile essentielle
Produit du commerce, rare et coûteux, jamais préparé à la maison
Réputée antiseptique en aromathérapie ; réservée aux personnes formées
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : récoltez les sommités fleuries en plein été, faites-les infuser 10 à 15 minutes à couvert, et adoucissez la tasse au miel ou au citron pour supporter l’astringence.
Quelle partie du géranium herbe à Robert utilisé-t-on ?
Ce sont les parties aériennes qui sont employées : sommités fleuries, feuilles et tiges tendres. On les récolte en pleine floraison, de la fin du printemps à la fin de l’été. Les racines ne sont pas utilisées dans les préparations domestiques courantes.
Pourquoi l’infusion a-t-elle un goût si sec en bouche ?
La plante est riche en tanins, des composés naturellement astringents qui donnent cette sensation de bouche resserrée. C’est aussi ce qui explique l’odeur et la saveur fortes de l’herbe à Robert. Un peu de miel, de citron ou de menthe rend la tasse nettement plus agréable.
Peut-on appliquer les feuilles fraîches directement sur la peau ?
C’est un usage traditionnel : les feuilles fraîches hachées ou froissées s’appliquent sur de petites irritations cutanées superficielles, sur une peau préalablement nettoyée. Faites d’abord un test au pli du coude. Une plaie profonde, étendue ou qui s’infecte relève d’un avis médical.
Faut-il avaler le gargarisme ?
Non, le liquide d’un gargarisme se recrache systématiquement. Préparez une infusion un peu plus concentrée, laissez-la tiédir, filtrez-la très finement, gargarisez-vous une trentaine de secondes puis recrachez. Jetez le reste le soir, une infusion ne se conserve pas.
Comment la sécher et combien de temps la garder ?
Suspendez de petits bouquets tête en bas, à l’ombre et dans un endroit bien aéré, jusqu’à ce que les tiges cassent net. Conservez ensuite en bocal hermétique, à l’abri de la lumière et de l’humidité. Au-delà d’une année, la plante perd son parfum et son intérêt.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.