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Le quinquina : écorce amère du Pérou, usages et précautions

Quinquina, la plante

Le quinquina est un arbre des Andes dont on récolte l’écorce rouge-brun, célèbre pour son amertume franche. Cette fiche rassemble ce que l’herboristerie et la naturopathie lui prêtent, les formes sous lesquelles on l’emploie (infusion, décoction, poudre, vin d’écorce, soin capillaire), et surtout les précautions à connaître avant d’y toucher, car cette plante n’est pas anodine.

Reconnaître le quinquina

Le mot « quinquina » désigne indifféremment l’arbre et son écorce, seule partie récoltée. Sa silhouette est ramifiée, les branches noueuses.

  • Écorce : rouge-brun, c’est elle que l’on prélève, sèche et réduit en poudre ou en copeaux.
  • Feuillage : feuilles ovales, vernissées, nettement nervurées, vert foncé.
  • Fleurs : tubulaires, réunies en grappes roses ou blanches, à la fin du printemps.
  • Fruits : de petites capsules, plus tard dans la saison.
  • Famille : les Rubiacées, celle du caféier et du gardénia.
Nom latin Cinchona officinalis et espèces voisines du genre Cinchona
Famille Rubiacées
Partie utilisée L’écorce, séchée, en copeaux ou en poudre
Formes d’emploi Infusion, décoction, poudre, vin d’écorce, rinçage capillaire, shampooing
Récolte Écorçage des arbres cultivés ; en Europe, on achète l’écorce déjà séchée
Goût Très amer, astringent, avec une longue persistance en bouche

Ce qu’on lui prête

L’écorce de quinquina fait partie des amers classiques de l’herboristerie. Voici les usages qu’on lui attribue traditionnellement.

Quinquina, des priorités exceptionnelles
C’est l’écorce rouge-brun que l’herboristerie emploie
  • Amertume et appétit : les herboristes rangent le quinquina parmi les plantes amères réputées ouvrir l’appétit avant le repas.
  • Confort digestif : on l’emploie traditionnellement en infusion légère pour accompagner une digestion lente ou une sensation de lourdeur.
  • Plante tonique : la naturopathie lui prête une réputation de fortifiant, employé lors des périodes de fatigue passagère.
  • Fièvres intermittentes : dans l’histoire de l’herboristerie, l’écorce réduite en poudre était employée par les populations andines contre les accès de fièvre ; c’est cet usage qui l’a rendue célèbre en Europe.
  • Usage externe : la tradition appliquait la poudre d’écorce sur les petites coupures, pour son astringence.
  • Cuir chevelu : la cosmétique traditionnelle la répute fortifiante et stimulante pour le cuir chevelu, d’où sa présence dans certains shampooings.
  • Élimination : on la cite parmi les plantes traditionnellement dites diurétiques, employées pour soutenir l’élimination urinaire.

Sur le plan des constituants, on retient simplement deux faits : l’écorce contient des tanins astringents, et des alcaloïdes dont la quinine, molécule isolée de cette écorce et devenue un jalon de l’histoire de la pharmacie.

Comment l’employer

Le quinquina s’utilisé en petites quantités et sur de courtes périodes : son amertume est intense et ses alcaloïdes ne se prêtent pas à un usage prolongé.

Forme Préparation d’usage courant Usage qu’on lui prête
Infusion Une petite cuillerée d’écorce concassée dans une tasse d’eau très chaude, 10 minutes à couvert, puis filtrer
Décoction Environ 20 g d’écorce séchée pour 1 litre d’eau portée à ébullition, puis un quart d’heure hors du feu, et filtrage
Poudre Écorce finement broyée, saupoudrée en usage externe sur une peau propre
Vin d’écorce Écorce macérée dans du vin rouge avec cacao et vanille, filtrée après quelques jours
Soin capillaire Poudre mélangée au henné, en pâte appliquée sur cheveux humides, ou décoction froide en dernier rinçage

Le détail des gestes

  • Infusion : à boire à petites gorgées, plutôt avant le repas quand on cherche l’effet des amers. Une tasse suffit, et l’on n’allonge pas le temps d’infusion sous peine de la rendre imbuvable.
  • Décoction : nettement plus concentrée, elle se garde deux jours au réfrigérateur et se consomme en très petite quantité. Réservez-la à un usage ponctuel.
  • Adoucir l’amertume : un peu de miel, un zeste d’orange, une pincée de cannelle ou de réglisse rendent la tasse beaucoup plus abordable.
  • Poudre en externe : sur une petite éraflure superficielle et propre uniquement, jamais sur une plaie profonde, étendue ou qui saigne.
  • Vin d’écorce : une tradition d’apéritif amer, à servir en très petit verre — l’alcool appelle les mêmes réserves que tout vin aromatisé.
  • Cheveux : le mélange avec le henné donne des reflets brun-roux sur cheveux foncés ; faites toujours un essai sur une mèche cachée avant de traiter toute la chevelure.
  • Durée : l’usage traditionnel est court, quelques jours, avec des pauses. Le quinquina n’est pas une tisane de tous les jours.

Un arbre sous pression

La fleur de Quinquina
Fleurs tubulaires en grappes, à la fin du printemps
  • Les peuplements sauvages ont été massivement écorcés au cours du XXe siècle, ce qui a fortement réduit les populations naturelles.
  • La déforestation au Pérou pèse désormais sur les arbres restants.
  • D’où l’intérêt de se tourner vers une écorce de plantation : c’est le geste le plus utile que le consommateur puisse poser.

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : une petite cuillerée d’écorce concassée, dix minutes d’infusion, une tasse avant le repas — et un miel pour dompter l’amertume.

Quelle partie du quinquina utilisé-t-on ?

Uniquement l’écorce, rouge-brun, séchée puis réduite en copeaux ou en poudre. Ni les feuilles, ni les fleurs, ni les capsules ne sont employées. En Europe, on l’achète déjà séchée en herboristerie.

Quel goût a l’infusion de quinquina ?

Très amer et astringent, avec une amertume qui persiste longuement en bouche. C’est justement cette amertume que l’herboristerie recherche dans les plantes dites apéritives. Un peu de miel, un zeste d’orange ou une pointe de réglisse la rendent nettement plus buvable.

Peut-on en boire tous les jours ?

Non : l’usage traditionnel du quinquina est ponctuel et court, sur quelques jours, avec des pauses. Son écorce concentre des alcaloïdes et des tanins qui ne se prêtent pas à une consommation quotidienne prolongée. En cas de doute, demandez l’avis d’un professionnel de santé.

Le quinquina peut-il colorer les cheveux ?

Mélangée au henné, la poudre d’écorce donne des reflets brun-roux sur les cheveux foncés, et la cosmétique traditionnelle la répute fortifiante pour le cuir chevelu. Faites toujours un essai sur une mèche cachée avant de traiter toute la chevelure, et un test cutané si votre peau est sensible.

Qui doit éviter le quinquina ?

Les femmes enceintes et allaitantes, les personnes allergiques à la quinine, celles qui prennent des anticoagulants, celles qui souffrent d’intolérance aux alcaloïdes, ainsi que les enfants. Toute personne sous traitement demande d’abord conseil à un professionnel de santé.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


Photo by David J. Stang / CC BY-SA (License)


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Écrit par Audrey Chéritel | Audrey Chéritel dirige HaloGarden, agence de communication spécialisée dans le végétal, le paysage et le jardin. Elle aborde le jardin par sa composition : massifs, aménagement des terrasses et des balcons, choix des plantes selon l'exposition. Les endroits difficiles sont sa spécialité — que planter à l'ombre, au pied des arbres, dans une pièce peu lumineuse.