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Maux de tête : cinq plantes et ce que leur prête l’herboristerie

Ces plantes qui soulagent les maux de tête

Grande camomille, menthe poivrée, lavande vraie, romarin, reine-des-prés : cinq plantes que l’herboristerie associe depuis longtemps aux moments de tête lourde. Cette fiche dit ce que chacune contient, quelle partie s’utilisé, sous quelle forme la préparer, quel goût attendre, et surtout ce qui doit vous en écarter. Un savoir d’usage, jamais un avis médical.

La carte d’identité des cinq plantes

Noms latins Tanacetum parthenium, Mentha × piperita, Lavandula angustifolia, Rosmarinus officinalis, Filipendula ulmaria
Familles Astéracées (grande camomille), Lamiacées (menthe, lavande, romarin), Rosacées (reine-des-prés)
Parties utilisées Feuilles (grande camomille, romarin), parties aériennes distillées (menthe poivrée), sommités fleuries (lavande, reine-des-prés)
Formes d’emploi Infusion, feuilles fraîches ou séchées, gélules de plante séchée, huile essentielle toujours diluée dans une huile végétale
Saison de récolte Feuilles de grande camomille du printemps à l’été, fleurs de lavande en plein été, sommités de reine-des-prés en début d’été, romarin et menthe presque toute l’année
Goût Très amer pour la grande camomille, frais et mentholé pour la menthe, floral et légèrement camphré pour la lavande, résineux pour le romarin, miellé et amandé pour la reine-des-prés

Ce qu’on leur prête

La grande camomille pour soulager les maux de tête
La grande camomille, à ne pas confondre avec les autres camomilles
  • Grande camomille : originaire des Balkans, elle est employée depuis des siècles en herboristerie traditionnelle par les personnes sujettes aux maux de tête récurrents. C’est la feuille amère, et non la fleur, qui est utilisée dans cet usage.
  • Menthe poivrée : la naturopathie lui prête, en application externe diluée, un effet de fraîcheur apprécié en cas de tête lourde ou de tension dans la nuque et les épaules.
  • Lavande vraie : les herboristes la conseillent volontiers dans les moments de tension nerveuse, en massage dilué sur les tempes ou simplement respirée sur un mouchoir.
  • Romarin : réputé dans le bassin méditerranéen comme plante tonique et réchauffante, il est traditionnellement associé aux têtes lourdes des jours froids et humides.
  • Reine-des-prés : surnommée « aspirine végétale » à cause de ses dérivés salicylés, elle est employée en herboristerie traditionnelle dans les infusions dites « de confort », en cas de courbatures et de sensation de chaleur.

Aucune de ces plantes ne remplace une consultation : un mal de tête inhabituel, violent ou qui s’installe se discute avec un médecin, pas avec une tisane.

Comment les employer

Les infusions

  • Reine-des-prés : comptez 1 à 2 cuillerées à soupe de fleurs séchées pour 250 ml d’eau. Point important : versez l’eau frémissante et non bouillante, couvrez, laissez infuser 10 minutes, puis filtrez. L’usage courant ne dépasse pas trois tasses dans la journée.
  • Romarin : une petite cuillerée à café de feuilles séchées (environ 2 g) pour 150 ml d’eau bouillante, 10 minutes à couvert, puis filtrez. Là aussi, trois tasses au maximum, plutôt dans la première partie de la journée car le romarin est tonique.
  • Menthe poivrée : quelques feuilles fraîches ou une cuillerée à café de feuilles séchées pour une tasse, 5 minutes seulement — au-delà, l’amertume prend le dessus.

La grande camomille, une question de goût

  • La feuille se mâche fraîche, à raison de quelques petites feuilles seulement : le goût est franchement amer et poivré.
  • Pour l’adoucir, la tradition anglaise la glisse entre deux tranches de pain beurré, ce qui protège aussi la muqueuse de la bouche.
  • En gélules de feuilles séchées, suivez la quantité indiquée par le fabricant ou le conseil d’un herboriste : les dosages varient d’une préparation à l’autre.

Les huiles essentielles, toujours diluées

La lavande vraie pour soulager maux de tête et migraines
Les fleurs de lavande vraie, distillées en huile essentielle
  • Menthe poivrée : 2 à 3 gouttes dans une cuillerée d’huile végétale neutre, en massage circulaire sur le front, les tempes ou la nuque. Lavez-vous les mains juste après.
  • Lavande vraie : 1 à 2 gouttes dans un peu d’huile d’amande douce, même geste sur les tempes, en fin de journée.
  • Romarin : 1 à 2 gouttes diluées dans une huile neutre, en massage de la nuque et des épaules.
  • Sans contact avec la peau : une goutte de lavande sur un mouchoir, respirée quelques instants, reste la façon la plus simple et la plus douce de l’utiliser.

Quelle forme pour quelle plante ?

Forme Préparation d’usage courant
Infusion de reine-des-prés 1 à 2 c. à soupe de fleurs séchées, eau frémissante, 10 min à couvert, jusqu’à 3 tasses par jour
Infusion de romarin 1 c. à café de feuilles séchées pour 150 ml, 10 min, plutôt le matin
Feuilles de grande camomille Quelques feuilles fraîches mâchées, ou gélules de feuilles séchées selon le conditionnement
Huile essentielle de menthe poivrée 2 à 3 gouttes dans une huile végétale, massage front, tempes, nuque, loin des yeux
Huile essentielle de lavande vraie 1 à 2 gouttes dans de l’huile d’amande douce, ou 1 goutte respirée sur un mouchoir
La Reine-des-prés pour traiter les maux de tête
Les sommités fleuries de reine-des-prés, riches en dérivés salicylés

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : une goutte de lavande vraie diluée dans un peu d’huile d’amande douce, massée lentement sur les tempes, est le geste le plus simple et le plus doux de cette fiche.

Quelle plante choisir si je débute ?

La lavande vraie, en massage dilué ou simplement respirée sur un mouchoir, est la plus accessible et la plus douce d’usage. Le romarin en infusion vient ensuite, à condition de le réserver au matin car c’est une plante tonique. La grande camomille et les huiles essentielles demandent plus de vigilance, notamment à cause de leurs contre-indications.

Peut-on associer plusieurs de ces plantes ?

On évite d’empiler les préparations le même jour, surtout la grande camomille et la reine-des-prés, dont les précautions se recoupent avec celles des médicaments de la coagulation et des anti-inflammatoires. Mieux vaut essayer une plante à la fois et une seule forme, puis observer comment on la supporte.

Pourquoi la grande camomille a-t-elle si mauvais goût ?

Sa feuille est riche en composés amers, dont la parthénolide. C’est cette amertume franche qui signe la plante et la distingue immédiatement des camomilles à fleurs, beaucoup plus douces en tisane. La tradition anglaise la glisse dans un sandwich beurré pour en atténuer l’âpreté.

Faut-il de l’eau bouillante pour la reine-des-prés ?

Non : l’usage recommande une eau frémissante, retirée du feu juste avant d’être versée. On couvre la tasse le temps de l’infusion, une dizaine de minutes, puis on filtre. L’infusion garde ainsi son parfum miellé et amandé caractéristique.

Peut-on utiliser ces plantes enceinte ou en allaitant ?

Non pour toutes celles citées ici : grande camomille, reine-des-prés, romarin, huiles essentielles de menthe poivrée et de lavande vraie sont contre-indiquées ou déconseillées pendant la grossesse et l’allaitement. En cas de doute, seul un professionnel de santé peut vous répondre pour votre situation.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.

Photos : Mahbub Hasan, Pezibear, Hans Braxmeier, Elcorreodelsol


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Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Rédactrice web confirmée, elle a été webmaster d'une jardinerie indépendante avant de se spécialiser dans le végétal. Sur Jardiner Malin, elle écrit sur les orchidées, les rosiers et le potager de balcon. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos.