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Églantier et cynorrhodon : ce que l’herboristerie en fait et comment les préparer
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L’églantier, ou rosier sauvage, borde nos haies et nos chemins. Ses fleurs pâles donnent en automne des fruits rouge vif, les cynorrhodons, très riches en vitamine C. Voici quelle partie récolter, à quel moment, sous quelle forme la préparer (tisane, sirop, poudre, macérat huileux), quel goût attendre et quelles précautions prendre avant de se lancer.
Carte d’identité de l’églantier
Nom latin
Rosa canina
Famille
Rosacées
Autres noms
Rosier sauvage, gratte-cul ; l’églantine désigne la fleur, le cynorrhodon le fruit
Parties utilisées
Cynorrhodons (pulpe), pétales, feuilles, plus rarement racines et graines (huile)
Fleurs en mai-juin ; cynorrhodons en automne, après les premières gelées
Goût
Acidulé et fruité, légèrement astringent ; parfum de pomme cuite après les gelées
Un peu d’histoire
Le nom latin Rosa canina renvoie à un usage antique : on attribuait autrefois aux racines de l’arbuste une action contre la morsure de chien, croyance rapportée depuis l’Antiquité et reprise au Moyen Âge.
Le mot « églantier » se rattache aussi au latin aquilentum, « qui a des piquants », et à acus, « aiguille, pointe » : l’arbuste est solidement armé d’aiguillons crochus.
Le surnom populaire de « gratte-cul » vient des poils qui entourent les graines, réputés provoquer de fortes démangeaisons.
Le cynorrhodon est traditionnellement employé en cuisine (confitures, sirops, soupes d’automne d’Europe du Nord), en herboristerie et, plus récemment, en cosmétique.
Ce qu’on lui prête
Soutien de l’organisme à la saison froide : les herboristes conseillent traditionnellement le cynorrhodon en tisane ou en sirop pendant l’automne et l’hiver, en raison de sa richesse en vitamine C.
Coup de fouet en période de fatigue passagère : la naturopathie lui prête un effet tonique et le propose en cure courte lors des baisses de forme saisonnières.
Confort articulaire : en herboristerie traditionnelle, la poudre de cynorrhodon est employée pour accompagner le confort des articulations qui se raidissent.
Élimination : la tradition prête aux cynorrhodons et à la décoction de racines une action drainante, et les inscrit dans les cures dites dépuratives de printemps et d’automne.
Digestion : l’infusion de feuilles et de pétales est réputée douce pour l’estomac et figure dans les mélanges de fin de repas.
Apaisement de la peau : le macérat huileux de pétales est traditionnellement appliqué sur les peaux sèches ou tiraillées, pour son côté adoucissant.
Cosmétique : l’huile extraite des graines, riche en acides gras essentiels, est très appréciée en cosmétique naturelle pour l’aspect de la peau et des cheveux secs ou abîmés.
Comment l’employer
Infusion de cynorrhodons
Comptez 1 à 2 cuillères à soupe de cynorrhodons séchés et concassés, débarrassés des graines et des poils, pour une tasse de 250 ml.
Versez l’eau frémissante, couvrez et laissez infuser 10 minutes, puis filtrez soigneusement à travers un filtre fin ou un linge.
Le goût est acidulé, proche de la pomme séchée ; une pointe de miel ajoutée hors du feu l’adoucit.
Usage courant : une à deux tasses par jour, en cure de quelques semaines pendant la mauvaise saison.
Décoction courte
Pour les fruits entiers un peu coriaces, portez-les à frémissement 5 minutes puis laissez reposer 10 minutes hors du feu, couvert.
Évitez l’ébullition prolongée : la vitamine C est fragile à la chaleur.
La décoction de racines, plus rustique, s’emploie de façon très occasionnelle dans la tradition.
Sirop
Faites cuire doucement les pulpes nettoyées dans un peu d’eau, écrasez, filtrez très finement, puis ajoutez sucre ou miel hors du feu.
Se prend à la cuillère, seul ou dilué dans de l’eau tiède ; c’est la forme la plus appréciée des palais peu habitués aux tisanes.
Conservez au réfrigérateur en petit flacon et consommez rapidement une fois ouvert.
Poudre
Faites sécher les pulpes débarrassées des graines, puis broyez-les finement.
Une cuillère à café se délaye dans un verre d’eau, un yaourt, une compote ou un smoothie, plutôt au moment d’un repas.
C’est la forme retenue par l’herboristerie pour les usages liés au confort articulaire.
Macérat huileux de pétales
Remplissez un bocal de pétales bien secs, couvrez d’huile végétale douce (amande douce, tournesol désodorisé).
Laissez macérer trois semaines à l’abri de la lumière, en remuant régulièrement, puis filtrez et mettez en flacon teinté.
S’applique en très petite quantité sur peau propre, en massage léger.
En cuisine
Confiture et gelée de cynorrhodons : la pulpe passée au tamis fin donne une pâte épaisse, acidulée, parfaite sur du pain grillé.
Quelques fruits séchés parfument agréablement un mélange de tisane d’hiver avec hibiscus, thym ou zeste d’orange.
Quelle forme choisir ?
Forme
Préparation
Ce qu’on lui prête
Infusion de cynorrhodons
1 à 2 c. à soupe concassées pour 250 ml, 10 min à couvert, filtrer finement
Boisson tonique de saison froide, traditionnellement conseillée par les herboristes
Sirop
Pulpes cuites, filtrées, sucrées au miel ou au sucre hors du feu
Forme douce et gourmande, retenue par la tradition familiale d’hiver
Poudre
Pulpes séchées puis broyées, 1 c. à café dans un verre d’eau ou un yaourt
Employée en herboristerie pour accompagner le confort articulaire
Infusion de pétales et feuilles
Une pincée pour une tasse, 5 min à couvert
Tisane douce réputée apaisante et agréable après le repas
Macérat huileux / huile de graines
Pétales macérés 3 semaines dans une huile douce, ou huile pressée du commerce
L’astuce à retenir : attendez les premières gelées pour cueillir les cynorrhodons, puis retirez graines et poils avant toute préparation et filtrez finement.
Comment consommer les fruits de l’églantier ?
En infusion, en sirop, en confiture ou en poudre séchée, toujours après avoir retiré les graines et les poils. L’infusion se prépare avec 1 à 2 cuillères à soupe de fruits concassés pour 250 ml d’eau frémissante, 10 minutes à couvert. Le goût est acidulé et fruité.
Pourquoi faut-il attendre les gelées pour récolter ?
Le froid attendrit la pulpe et adoucit son goût, qui rappelle alors la pomme cuite. Les fruits sont bien rouges, souples sous le doigt et beaucoup plus faciles à ouvrir et à nettoyer.
Peut-on utiliser les fleurs de l’églantier ?
Oui, pétales et feuilles se préparent en infusion douce, une pincée par tasse, 5 minutes à couvert. La tradition en fait une tisane apaisante, volontiers servie après le repas. Les pétales entrent aussi dans un macérat huileux pour les peaux sèches.
Quelle forme choisir pour le confort des articulations ?
C’est la poudre de cynorrhodon que l’herboristerie traditionnelle retient dans ce cadre, à raison d’une cuillère à café délayée dans un verre d’eau, un yaourt ou une compote, au moment d’un repas. En cas de douleurs persistantes, un avis médical reste indispensable.
L’huile de graines d’églantier s’utilise-t-elle sur la peau ?
Oui, c’est un grand classique de la cosmétique naturelle, riche en acides gras essentiels et appréciée sur les peaux sèches et les cheveux abîmés. Appliquez-la en très petite quantité sur peau saine et faites un test au pli du coude avant la première utilisation.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis medical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de sante.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.