Thé blanc : récolte, préparation et usages traditionnels
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Le thé blanc est le moins transformé de tous les thés : deux étapes seulement entre la cueillette et la tasse. Bourgeons duveteux, infusion jaune pâle, goût floral, très peu de théine. Voici comment le reconnaître, à quelle température l’infuser, combien de temps, et ce que l’herboristerie et la naturopathie lui prêtent traditionnellement.
Bourgeons et premières feuilles, cueillis à la main au printemps
Carte d’identité du thé blanc
Nom latin
Camellia sinensis
Famille
Théacées
Partie utilisée
Bourgeons duveteux et trois premières feuilles
Formes d’emploi
Infusion chaude, infusion à froid, thé glacé, lotion ou compresse en cosmétique maison
Saison de récolte
Tout début du printemps, aux premiers jours de la pousse
Origines
Chine (Fujian, berceau d’origine), Inde, Sri Lanka, Taïwan, Japon, Afrique
Goût
Subtil, floral, légèrement âpre ; liqueur jaune pâle à miel
De la cueillette à la tasse : deux gestes seulement
La récolte : aux premiers jours du printemps, on prélève manuellement les bourgeons et les trois premières feuilles du théier.
Le flétrissage : la récolte est disposée dans une salle ventilée à l’air chaud, entre 20 et 24 °C, pour retirer une grande partie de l’eau et rendre feuilles et bourgeons malléables.
La dessiccation : un séchage autour de 90 °C abaisse le taux d’humidité avant le stockage.
Cette faible manipulation explique sa réputation de thé « pur » : la feuille n’est ni roulée, ni oxydée, ni torréfiée.
Ce qu’il contient
Des polyphénols, dont les catéchines, en quantité supérieure à celle du thé vert.
Des minéraux : potassium, calcium, magnésium.
De la L-théanine, un acide aminé caractéristique des feuilles de théier.
De la caféine (la théine est la même molécule), en faible concentration, et peu de tanins.
Une feuille peu transformée, riche en polyphénols
Ce qu’on lui prête
En naturopathie, on lui prête un rôle de boisson « anti-âge », en raison de sa richesse en polyphénols antioxydants.
Les amateurs de thé et les herboristes le présentent comme une boisson tonifiante en douceur : sa faible teneur en caféine et en tanins lui vaut la réputation de pouvoir se boire tout au long de la journée, sans la nervosité associée au café.
La L-théanine est traditionnellement associée, dans la littérature du thé, à un état de calme attentif : on dit du thé blanc qu’il accompagne bien les moments de concentration.
En naturopathie, il est souvent cité parmi les boissons de « drainage », consommées non sucrées dans le cadre d’une alimentation légère.
La cosmétique naturelle l’incorpore volontiers dans les lotions et sérums, où il est réputé apaisant et hydratant pour les peaux sensibles.
En usage externe traditionnel, l’infusion refroidie est employée comme lotion tonique pour le visage ou en compresse sur les paupières fatiguées.
Comment l’employer
Le thé blanc se boit nature, sans lait ni sucre, dans une eau la plus neutre possible : une eau trop calcaire écrase son parfum floral.
Infusion chaude : 12 à 15 g de feuilles par litre (soit une bonne cuillère à soupe bombée pour une tasse généreuse), dans une eau à 80 °C. On laisse infuser 2 à 3 minutes, pas davantage : au-delà, l’amertume prend le dessus.
Le moment : matin, milieu de matinée, après le déjeuner ou en fin d’après-midi. Sa faible teneur en caféine le rend plus léger que le thé noir, mais mieux vaut l’éviter le soir si l’on a le sommeil sensible.
Deuxième infusion : les feuilles supportent une seconde eau, souvent plus douce et plus florale que la première.
Infusion à froid : les feuilles séjournent plusieurs heures dans de l’eau froide, au réfrigérateur, puis on filtre. Le résultat est très peu astringent.
Thé glacé : une infusion classique, refroidie puis servie sur glace. L’arôme fleuri ressort particulièrement bien en été.
Usage externe : une infusion refroidie et filtrée s’applique au coton sur le visage nettoyé, ou en compresse sur les yeux ; elle se conserve un jour ou deux au réfrigérateur, pas plus.
Les formes d’emploi comparées
Forme
Préparation
Usage courant
Infusion chaude
12 à 15 g/l, eau à 80 °C, 2 à 3 minutes
La dégustation de référence, matin et journée
Infusion à froid
Mêmes quantités, eau froide, plusieurs heures au frais
Boisson très douce, sans amertume
Thé glacé
Infusion classique refroidie, servie sur glace
Rafraîchissement d’été, arôme floral marqué
Lotion (externe)
Infusion refroidie et filtrée, appliquée au coton
Geste cosmétique maison réputé apaisant
Infusion refroidie : la base des lotions maison
Deux grands thés blancs
Le Pai Mu Tan, ou « Bai Mu Dan », le thé blanc traditionnel. Composé de bourgeons et des premières feuilles, il est aussi appelé « Pivoine blanche » car son parfum rappelle celui de la fleur. Sa liqueur est orangée et franche en bouche.
Le Bai Hao Yin Zhen, « Aiguille d’argent ». Fait uniquement de bourgeons non éclos, produit en petite quantité, c’est l’un des plus rares et des plus coûteux. Goût frais et légèrement sucré, liqueur couleur miel.
Une liqueur jaune pâle, au goût floral et subtil
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : une eau à 80 °C et 2 à 3 minutes d’infusion, pas plus — c’est là que le thé blanc donne son parfum floral sans amertume.
Le thé blanc contient-il de la théine ?
Oui, mais peu. La théine et la caféine sont la même molécule, et le thé blanc en renferme moins que le thé noir ou le café, avec également peu de tanins. C’est ce qui lui vaut sa réputation de thé que l’on peut boire au fil de la journée.
Quelle eau et quelle température utiliser ?
Une eau peu minéralisée, au pH le plus neutre possible, chauffée à 80 °C. L’eau bouillante brûle les bourgeons et rend l’infusion âpre. Comptez 12 à 15 g de feuilles par litre et 2 à 3 minutes.
Peut-on réutiliser les feuilles ?
Oui. Le thé blanc supporte bien une deuxième infusion, souvent plus douce et plus florale que la première. Reversez simplement de l’eau à 80 °C sur les feuilles encore humides, dans la journée.
Comment le boire en été ?
Deux options : le thé glacé, c’est-à-dire une infusion classique refroidie puis servie sur glace, ou l’infusion à froid, préparée plusieurs heures au réfrigérateur. Dans les deux cas, son arôme fleuri ressort très bien, sans sucre.
Comment le conserver ?
Dans une boîte opaque et hermétique, à l’abri de la lumière et de l’humidité, loin des épices et du café. Les feuilles de thé blanc captent facilement les odeurs environnantes, ce qui brouille leur parfum délicat.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Lydie Dronet | En immersion dans le monde animalier depuis plus de 20 ans, Lydie partage son expérience et son expertise. Ses autres sujets de prédilection, la nutrition et les vertus des plantes.