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Verveine officinale : préparer sa tisane, chaude ou froide, et ses usages traditionnels

Tasse en verre de tisane de verveine officinale dorée, feuilles fraîches posées sur une table en bois ensoleillée

Deux plantes portent le nom de verveine, et elles n’ont presque rien en commun. Celle qui parfume les sachets du commerce est la verveine citronnelle, douce et citronnée. La verveine officinale, Verbena officinalis, est tout autre : amère, discrète, employée depuis l’Antiquité. Voici quelle partie récolter, comment l’infuser sans la rendre imbuvable, et ce que la tradition lui prête.

La fiche d’identité de la plante

Nom latin Verbena officinalis
Famille Verbénacées
Partie utilisée Parties aériennes fleuries : feuilles et petites fleurs lilas pâle
Formes d’emploi Infusion chaude, infusion froide, décoction en compresse ou bain de bouche, sirop de cuisine
Saison de récolte En été, pendant la floraison, par temps sec et le matin
Goût Herbacé, franchement amer, sans note citronnée

Trois verveines à ne pas confondre

La confusion coûte cher en attentes déçues : on récolte de la verveine officinale, on en fait une tisane, et on se demande pourquoi elle ne sent pas le citron. Réponse simple : ce n’est pas la même plante.

  • Verveine officinale (Verbena officinalis) : vivace discrète, minuscules fleurs lilas le long d’épis fins, goût nettement amer.
  • Verveine citronnelle (Aloysia citrodora) : arbuste frileux, feuilles très aromatiques, tisane douce et citronnée du soir.
  • Verveine hastée (Verbena hastata) : très amère, presque astringente, relevant d’une tradition nord-américaine ; le cultivar ‘Blue Spires’ est surtout décoratif.
  • Un cas à part : Verbena officinalis var. grandiflora ‘Bampton’, au feuillage pourpre sombre, ornemental en massif.

Ce qu’on lui prête

L’amertume n’est pas un défaut de la plante : c’est sa signature. Elle provient des iridoïdes, et la plante renferme par ailleurs des flavonoïdes, des tanins et de la verbascoside, un composé phénolique.

  • Confort digestif : on l’emploie traditionnellement en Europe après un repas lourd, en cas de sensation de lourdeur ou de ballonnements, comme la plupart des plantes amères.
  • Appétit paresseux : l’herboristerie classique la range parmi les amers que l’on prend avant le repas pour « ouvrir l’appétit ».
  • Nervosité passagère : la naturopathie lui prête un effet apaisant sur l’agitation de fin de journée, quand la tête ne s’arrête pas.
  • Tensions musculaires : l’usage externe en compresse tiède sur une nuque contractée ou une zone contusionnée est un geste traditionnel bien ancré.
  • Bouche irritée : en bain de bouche, la tradition l’utilisé comme astringent doux après une irritation gingivale.

À noter : ces emplois relèvent de l’usage traditionnel, pas d’une promesse de résultat. La verveine officinale n’est pas un somnifère : elle est réputée détendre, pas endormir. Pour les soirées difficiles, la mélisse officinale et la camomille matricaire sont plus souvent citées, et se marient très bien avec elle.

Si vous souhaitez la produire vous-même, tout est détaillé dans notre fiche sur la verveine officinale au jardin. Pour la variété citronnée, voyez plutôt la verveine citronnelle.

Comment l’employer

L’infusion chaude, geste par geste

Trois paramètres comptent, et un seul est vraiment critique : la température de l’eau. L’eau ne doit pas bouillir dans la tasse. À 100 °C, l’amertume explose et la boisson devient désagréable.

  • Quantité d’usage courant : environ 1,5 à 2 g de feuilles séchées pour 200 ml, soit une cuillère à café bombée.
  • En feuilles fraîches : doublez (4 à 5 g), car l’eau des tissus dilue la préparation. Froissez-les avant de verser.
  • Température : portez à ébullition, coupez le feu, attendez 60 à 90 secondes — on est autour de 90-95 °C.
  • Durée : 5 minutes à couvert, 7 au maximum. Au-delà, les tanins passent en force et assèchent la bouche.
  • Moment : après le déjeuner, après le dîner, ou en fin d’après-midi si la journée a été rude. Trois tasses de 200 ml par jour suffisent largement.
  1. Chauffez l’eau, laissez-la retomber une minute hors du feu.
  2. Versez sur les feuilles, dans une tasse ou une théière.
  3. Couvrez immédiatement : sinon les composés volatils partent avec la vapeur.
  4. Laissez infuser 5 minutes, filtrez, buvez dans le quart d’heure.

Le liquide doit virer au jaune paille légèrement verdâtre. S’il tire vers le brun foncé, l’infusion a été trop longue.

L’infusion froide, la version d’été

L’extraction à froid divise l’amertume par deux : les tanins sont moins solubles à basse température. Le résultat est nettement plus rond, buvable sans sucre.

  • Mettez 10 g de feuilles séchées dans un litre d’eau froide, en carafe fermée.
  • Placez au réfrigérateur 8 heures, idéalement toute une nuit, puis filtrez au matin.
  • Buvez par petits verres de 150 ml dans la journée ; un trait de jus de citron au service relève l’ensemble et stabilise la couleur.
  • Variante express : une infusion chaude très concentrée (4 g pour 200 ml), refroidie puis allongée de 600 ml d’eau glacée. Moins fine, prête en 20 minutes.
Bocal en verre rempli de feuilles de verveine séchées à côté d'une carafe d'infusion froide et de glaçons
Feuilles bien sèches en bocal et infusion froide en carafe

Les mélanges qui la rendent agréable

Seule, elle est austère. Associée, elle devient buvable — et souvent plus intéressante.

  • Officinale + citronnelle (1/3 – 2/3) : l’amertume disparaît derrière le citron.
  • Officinale + fenouil : le duo classique de l’après-repas lourd.
  • Officinale + tilleul : pour les soirées où la tête ne s’arrête pas.
  • Officinale + une rondelle de gingembre frais : amertume et chaleur.

Compresse, bain de bouche, cuisine

  • Compresse : décoction concentrée de 30 g de feuilles sèches dans 500 ml d’eau, frémissement 10 minutes ; laissez tiédir, imbibez un linge propre, appliquez 15 minutes, deux fois par jour.
  • Bain de bouche : la même décoction, refroidie. On rince, on ne l’avale pas.
  • Sirop : 500 g de sucre fondus dans 500 ml d’infusion très concentrée ; une note végétale sur une salade de pêches ou dans un cocktail sans alcool.
  • Cru : quelques feuilles fraîches ciselées sur une assiette de fleurs comestibles, pour ce fond amer qui contraste avec le sucré.
Forme Préparation d’usage courant Ce qu’on en fait
Infusion chaude 1,5 à 2 g pour 200 ml, eau à 90-95 °C, 5 minutes à couvert La tasse de l’après-repas ou de la fin d’après-midi
Infusion froide 10 g pour 1 litre d’eau froide, 8 heures au réfrigérateur Boisson d’été par petits verres, amertume très adoucie
Décoction 30 g pour 500 ml, 10 minutes à frémissement Compresse tiède en externe, bain de bouche une fois refroidie
Sirop 500 g de sucre dans 500 ml d’infusion très concentrée Usage culinaire : desserts aux fruits, boissons fraîches

Précautions

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : 2 g de feuilles, eau à 90 °C, 5 minutes à couvert — au-delà, l’amertume domine tout.

La verveine officinale fait-elle dormir ?

Non, elle n’est pas un somnifère. La naturopathie lui prête un effet apaisant sur la nervosité de fin de journée, sans provoquer le sommeil. Associée au tilleul ou à la camomille, elle compose une tisane de soirée plus agréable et plus complète.

Peut-on utiliser des feuilles fraîches à la place des sèches ?

Oui, en doublant la quantité : 4 à 5 g de feuilles fraîches pour 200 ml d’eau, contre 1,5 à 2 g de feuilles séchées. Froissez-les légèrement avant de verser l’eau pour faciliter l’extraction.

Pourquoi ma tisane de verveine est-elle si amère ?

Presque toujours pour deux raisons : eau trop chaude ou infusion trop longue. Laissez l’eau retomber vers 90 °C avant de verser et ne dépassez pas 5 à 7 minutes. L’infusion froide, préparée une nuit au réfrigérateur, donne une boisson bien plus ronde.

Combien de tasses par jour ?

Trois tasses de 200 ml suffisent largement dans un usage courant. Au-delà, les tanins peuvent gêner l’absorption du fer et incommoder un estomac sensible. En cas de traitement, de grossesse ou d’allaitement, reportez-vous à l’encadré des précautions.

Peut-on la boire longtemps de suite ?

L’usage en herboristerie veut qu’on limite les plantes amères à environ trois semaines consécutives, suivies d’une semaine de pause. Si l’inconfort qui vous a fait ouvrir le bocal persiste, c’est le moment d’en parler à un professionnel de santé.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.