Partenelle (grande camomille) : usages traditionnels et conseils d’emploi
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La partenelle, ou grande camomille, est une vivace aromatique de la famille des astéracées, facile à cultiver et cultivée de longue date dans les jardins. Ses feuilles duvetées, au goût amer et camphré, occupent une place bien identifiée en herboristerie. Voici ce que la tradition lui prête, comment on la prépare concrètement, et à qui elle est déconseillée.
Nom latin
Tanacetum parthenium
Autres noms
Grande camomille, partenelle, pyrèthre mousse, chrysanthème matricaire
Famille
Astéracées (composées)
Partie utilisée
La feuille, fraîche ou séchée (parfois les sommités fleuries)
Formes d’emploi
Feuille fraîche mâchée, infusion, feuilles séchées en gélules, comprimés, teinture
Floraison
De juin à août, petits capitules jaunes et blancs groupés en corymbes
Saison de récolte
Feuilles du printemps à la fin de l’été, idéalement juste avant la floraison
Goût
Franchement amer, camphré, un peu piquant en fin de bouche
Une vivace de jardin facile à reconnaître
La partenelle forme une touffe buissonnante qui peut atteindre 70 cm de hauteur. C’est une vivace de courte durée de vie, peu exigeante, qui se ressème volontiers.
Tige : dressée, presque lisse, ramifiée et très feuillée.
Feuilles : découpées, duvetées, nettement aromatiques quand on les froisse.
Fleurs : petits capitules à cœur jaune et ligules blanches, réunis en corymbes, de juin à août.
Fruit : sec, ne renfermant qu’une seule graine.
Emplacement : sol ordinaire, bien drainé, exposition ensoleillée ; elle s’accommode des rocailles et des bordures.
Une vivace buissonnante qui se ressème seule au jardin
Ce qu’on lui prête
La grande camomille est utilisée depuis plus de deux mille ans. Les usages ci-dessous relèvent de la tradition et de l’herboristerie, non d’une promesse de résultat.
Elle est réputée en herboristerie européenne pour accompagner les maux de tête récurrents : c’est son emploi le plus documenté par la tradition.
En herboristerie traditionnelle, on l’employait pour soulager les crises de migraine et espacer leur retour, en cure de fond plutôt qu’au moment de la douleur.
La naturopathie lui prête des propriétés apaisantes sur les tensions musculaires et les sensations de spasme.
On l’employait traditionnellement en cas d’inconfort digestif, de ballonnements et de flatulences.
La tradition populaire y recourait également pour les règles douloureuses et les cycles irréguliers, ce qui explique sa réputation de plante « qui appelle les règles ».
Les anciens herbiers la citent en application locale sur les maux de dents, les morsures et les piqûres d’insectes, la feuille froissée étant simplement posée sur la zone.
Les herboristes la rangent parmi les plantes amères et aromatiques, catégorie à laquelle on prête traditionnellement un rôle tonique sur la digestion.
Comment l’employer
En phytothérapie, ce sont les feuilles, fraîches ou séchées, qui sont utilisées. L’amertume est marquée : mieux vaut le savoir avant de croquer la première feuille.
La feuille fraîche mâchée
C’est la forme la plus ancienne et la plus simple : deux à trois petites feuilles par jour, cueillies sur un pied sain.
Le goût est amer et camphré : la tradition veut qu’on les glisse dans une bouchée de pain ou entre deux tranches de pomme pour adoucir l’amertume.
On évite de mâcher longuement et de façon répétée la feuille nue, qui irrite la muqueuse de la bouche.
L’infusion
Comptez une cuillère à café de feuilles séchées émiettées pour une tasse d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser 8 à 10 minutes, puis filtrez : couvrir évite de perdre les composés aromatiques.
Une tasse en fin de journée ou après le repas, jamais en continu sur de longues périodes.
Un peu de miel ou une lamelle de citron atténuent nettement l’amertume.
Les formes préparées du commerce
Gélules de feuilles séchées ou lyophilisées, comprimés, teinture, extraits titrés en parthénolide.
Ces formes sont dosées par le fabricant : respectez les indications figurant sur l’emballage et ne cumulez pas plusieurs formes.
La tradition considère qu’un effet, s’il se manifeste, demande plusieurs semaines de régularité : c’est une plante de cure de fond, pas de dépannage immédiat.
Ce sont les feuilles, et non les fleurs, que l’on utilisé
Forme
Préparation
Usage traditionnel
Feuille fraîche
Deux à trois petites feuilles, glissées dans du pain
La forme historique, réputée en cure courte pour les maux de tête répétés
Infusion
1 c. à café de feuilles séchées par tasse, 8 à 10 min à couvert
Boisson amère prise après le repas, traditionnellement pour le confort digestif
Gélules et comprimés
Feuilles séchées ou lyophilisées, dosage du fabricant
Forme sans amertume, employée en cure régulière et limitée dans le temps
Teinture et extraits
Préparations concentrées, souvent titrées en parthénolide
Réservés à un usage encadré, en suivant strictement la notice
Feuille froissée
Écrasée entre les doigts, appliquée localement
Vieil usage de plein air sur les piqûres d’insectes
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : si vous mâchez la feuille fraîche, glissez-la dans une bouchée de pain — l’amertume passe mieux et la muqueuse de la bouche est protégée.
Quelle partie de la partenelle utilisé-t-on ?
La feuille, fraîche ou séchée. C’est elle qui concentre le parthénolide et les flavonoïdes, et c’est elle que l’on retrouve dans les gélules, les comprimés et les infusions. Les fleurs, jolies au jardin, ne sont pas la partie recherchée.
Partenelle et camomille, est-ce la même plante ?
Non. La partenelle est Tanacetum parthenium, tandis que la camomille allemande et la camomille romaine sont d’autres espèces, aux usages traditionnels différents. Les tisanes vendues sous le seul nom de « camomille » contiennent généralement de la petite camomille : lisez le nom latin sur l’emballage.
Pourquoi ses feuilles sont-elles si amères ?
Parce qu’elles sont riches en composés amers et camphrés, dont le parthénolide. Ce goût fait partie de la plante et ne signale aucun défaut. On l’adoucit avec du pain, un morceau de pomme, du miel ou une lamelle de citron dans l’infusion.
Peut-on en prendre toute l’année ?
Non, l’usage traditionnel est celui de cures courtes et espacées, jamais d’une prise continue. La mastication prolongée des feuilles fraîches peut par ailleurs irriter la bouche. En cas de traitement en cours, de grossesse ou d’allergie aux astéracées, abstenez-vous et demandez conseil.
Est-elle facile à cultiver au jardin ?
Oui. C’est une vivace peu exigeante, qui pousse en sol ordinaire bien drainé et au soleil, et qui se ressème volontiers d’une année sur l’autre. Récoltez les feuilles du printemps à la fin de l’été, de préférence juste avant la floraison.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.