L’hortithérapie : le jardinage comme pratique de bien-être
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Jardiner pour se sentir mieux : c’est tout le principe de l’hortithérapie. Semer, arroser, tailler, sentir, récolter — des gestes simples encadrés par un professionnel formé, ou pratiqués seul sur un balcon. Voici ce qu’est cette approche, ce que les praticiens lui prêtent, comment s’y mettre concrètement et les précautions à connaître avant de mettre les mains dans la terre.
Une thérapie créative fondée sur le contact avec le vivant
Fiche d’identité de la pratique
Autres noms
Thérapie horticole, thérapie par le jardinage
Famille d’approches
Thérapies créatives, comme l’art-thérapie, la musicothérapie, la danse-thérapie ou la thérapie par le théâtre
Séances encadrées en institution, jardin thérapeutique, atelier de groupe, jardinage adapté à domicile ou sur balcon
Publics concernés
Personnes accompagnées pour des troubles psychologiques ou psychiatriques, un handicap physique, des limitations cognitives ; milieux de réadaptation, professionnels et communautaires
Saison
Toute l’année : semis et bouturages sous abri l’hiver, plein air du printemps à l’automne
Sensations recherchées
Couleurs, textures, parfums, goût des récoltes
Ce qu’on lui prête
L’hortithérapie est employée comme un moyen d’accompagner des processus de changement, de développement et d’acceptation. Les praticiens et les structures qui la proposent lui prêtent notamment :
Un soutien du moral et de l’apaisement : le contact régulier avec le vivant est réputé favoriser la détente, comme dans les autres thérapies créatives.
Un travail de la mémoire et des capacités cognitives : les hortithérapeutes utilisent les séquences de jardinage (semer, repiquer, arroser) pour solliciter l’initiation des tâches et la concentration.
Un appui sur les compétences langagières et la socialisation : les ateliers de groupe sont conseillés pour remettre en mouvement les échanges.
En réadaptation physique, un usage traditionnel pour solliciter les muscles, la coordination, l’équilibre et l’endurance : porter un arrosoir, se pencher, transporter un pot.
En milieu professionnel, un cadre pour réapprendre à travailler de façon autonome, à résoudre des problèmes et à suivre des consignes.
Une stimulation sensorielle : la naturopathie valorise ici les jardins riches en parfums, en textures et en couleurs.
Les techniques d’hortithérapie visent avant tout à aider les participants à acquérir de nouvelles compétences ou à retrouver celles qu’ils avaient mises de côté.
Comment la pratiquer
Rien n’oblige à disposer d’un grand jardin. Voici les manières courantes de s’y mettre, seul ou accompagné.
La séance encadrée : en institution ou en association, généralement une séance par semaine, de 45 minutes à 1 h 30, avec un hortithérapeute formé. C’est la forme la plus complète, car les gestes sont choisis selon les besoins de chacun.
Le semis d’intérieur : une terrine, du terreau fin, des graines à lever vite (radis, basilic, capucine, cresson). Arrosage en pluie fine tous les deux jours, à la lumière. L’intérêt est le rendez-vous quotidien avec la plante.
Le bac surélevé : hauteur de 70 à 90 cm pour jardiner debout ou assis, largeur maximale de 60 cm pour atteindre le centre sans se tordre. Idéal pour les aromatiques et les salades.
L’atelier bouturage : pélargonium, menthe, romarin dans un verre d’eau ou un godet de sable. Le suivi s’étale sur deux à trois semaines, ce qui donne un objectif dans le temps.
La récolte et la cuisine : cueillir menthe, verveine ou thym le matin, puis les faire sécher tête en bas à l’ombre, ou les infuser aussitôt. Le goût clôt la séance sur une note concrète.
La pratique passive : s’asseoir, marcher lentement, sentir les feuilles froissées entre les doigts. Elle compte autant que le travail actif dans un jardin thérapeutique.
Forme de pratique
En quoi ça consiste
Ce qu’on lui prête
Jardin sensoriel
Plantes choisies pour la couleur, la texture et le parfum, sentiers larges et faiblement pentus
Réputé favoriser l’éveil des sens et l’apaisement, y compris en pratique passive
Bacs et plates-bandes surélevés
Culture à hauteur de buste, accessible debout, assis ou en fauteuil
Employés en réadaptation physique pour solliciter gestes, coordination et endurance
Atelier de groupe
Semis, repiquage ou rempotage à plusieurs, avec répartition des tâches
Conseillé par les praticiens pour la socialisation et les échanges verbaux
Potager de balcon
Quelques pots d’aromatiques et de légumes rapides, arrosés chaque jour
Réputé entretenir le rythme quotidien et le sentiment d’utilité
Semis en intérieur
Terrine, terreau fin, graines à germination rapide, suivi sur deux semaines
Utilisé pour travailler l’initiation des tâches et la patience
Les gestes du jardinage au cœur des séances encadrées
Les jardins thérapeutiques
Un jardin thérapeutique est un environnement dominé par les plantes, conçu à dessein pour faciliter l’interaction avec les éléments que la naturopathie considère comme réparateurs dans la nature. Les interactions peuvent y être actives ou passives, selon la conception du lieu et les besoins des utilisateurs.
On en distingue plusieurs sous-types : jardins de guérison, jardins d’habilitation, jardins de réhabilitation, jardins de restauration. Leurs caractéristiques de base se retrouvent souvent :
des entrées et des sentiers larges, accessibles, très légèrement inclinés ;
des plates-bandes et des conteneurs de plantation surélevés ;
une sélection de plantes à orientation sensorielle, axée sur la couleur, la texture et le parfum ;
une conception fréquemment menée par des paysagistes en collaboration avec des hortithérapeutes.
Un beau jardin ne fait pas tout : les programmes qui fonctionnent ne dépendent pas d’un aménagement élaboré, et un jardin conçu par des professionnels sans programme d’accompagnement atteint rarement son plein potentiel.
L’astuce à retenir : commencez par une terrine de semis à germination rapide, arrosée chaque jour à la même heure — le rendez-vous quotidien compte autant que la plante.
Faut-il un jardin pour pratiquer l’hortithérapie ?
Non. Une terrine de semis, quelques pots d’aromatiques sur un balcon ou un bac surélevé suffisent à retrouver les gestes essentiels. Les praticiens rappellent d’ailleurs que les programmes qui fonctionnent ne dépendent pas d’un aménagement élaboré.
Qui est un hortithérapeute ?
C’est un professionnel disposant d’une formation et de références spécifiques dans l’utilisation du jardinage à des fins de thérapie et de rééducation. Son socle de connaissances associe les sciences végétales et les sciences humaines, ainsi que l’expérience de l’application des techniques horticoles au cadre thérapeutique.
Quelle est l’origine de cette approche ?
Au XIXe siècle, le Dr Benjamin Rush a été le premier à documenter l’effet positif du travail au jardin. Dans les années 1940 et 1950, les soins de réadaptation des anciens combattants hospitalisés ont élargi la pratique bien au-delà de la santé mentale.
À quelle hauteur installer un bac pour jardiner sans se fatiguer ?
Comptez 70 à 90 cm de haut pour travailler debout ou assis, et 60 cm de largeur au maximum afin d’atteindre le centre sans se tordre le dos. Prévoyez aussi des allées larges et faiblement inclinées autour du bac.
Quelles plantes choisir pour un coin sensoriel ?
Misez sur le parfum avec la menthe et la verveine citronnelle, sur le toucher avec l’oreille d’ours et la sauge, sur la couleur avec la capucine et le souci. Écartez en revanche les plantes toxiques comme le laurier-rose, la digitale ou le muguet, surtout en présence d’enfants.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.