Feuilles de framboisier : usages traditionnels, préparation et précautions
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Les feuilles du framboisier sauvage ou cultivé se récoltent au printemps, se sèchent en quelques jours et se boivent en infusion au goût végétal, proche d’un thé léger. Voici ce que l’herboristerie leur prête, comment les préparer concrètement, à quel moment les cueillir — et surtout dans quels cas il vaut mieux s’en abstenir.
Nom latin
Rubus idaeus
Famille
Rosacées
Partie utilisée
Les feuilles, fraîches ou séchées (le fruit relevant plutôt de la cuisine)
Formes d’emploi
Infusion, macération prolongée, gargarisme, bain de bouche ; gélules et teinture dans le commerce
Saison de récolte
Printemps et début d’été, sur les jeunes pousses, avant ou pendant la floraison
Goût
Végétal et légèrement astringent, sans amertume marquée ; rappelle un thé noir léger
Une plante des lisières, une feuille d’usage ancien
Originaire des sous-bois et des lisières des régions montagneuses d’Europe occidentale, le framboisier pousse spontanément dans les Vosges, les monts d’Auvergne et les Alpes. Il préfère les sols légers et riches en humus, et produit des fleurs blanches autofertiles.
Le fruit pour la cuisine, la feuille pour l’infusion
Le fruit n’entre dans les habitudes culinaires françaises qu’au 19e siècle ; sa commercialisation ne se développe qu’à partir des années 1950.
La feuille, elle, est employée bien plus anciennement : la tradition rapporte que les femmes amérindiennes du nord du continent la buvaient en infusion.
En herboristerie européenne, la feuille est classée parmi les plantes astringentes, du fait de sa teneur en tanins.
Ce qu’on lui prête
Le confort du cycle féminin : les herboristes conseillent traditionnellement l’infusion de feuilles de framboisier aux femmes qui cherchent à accompagner un cycle irrégulier ou des règles inconfortables.
Un effet dit « antispasmodique » sur la sphère utérine : la naturopathie lui prête la réputation d’apaiser les crampes qui accompagnent parfois les règles.
La tradition amérindienne lui prêtait le pouvoir de tonifier l’utérus, de soutenir l’équilibre hormonal, de stimuler la fécondité et de favoriser le travail de l’accouchement : c’est un usage traditionnel documenté, non une indication médicale.
Le confort intestinal : en phytothérapie, on emploie la feuille pour son caractère astringent en cas de transit désordonné passager.
La gorge irritée : l’usage traditionnel est le gargarisme ou le bain de bouche avec une infusion refroidie de feuilles.
Plante dite dépurative et diurétique : la feuille est réputée tonique et « drainante » dans le vocabulaire de l’herboristerie ; on la retrouve à ce titre dans les mélanges de printemps.
Après l’effort : on prête aux acides organiques du fruit un rôle de rééquilibrage, et à ses fibres un effet sur la régularité du transit.
Comment l’employer
Tout se joue sur la durée d’infusion : courte, la boisson reste douce ; longue, elle extrait davantage de tanins et devient franchement astringente.
Infusion quotidienne (la forme la plus simple) : comptez 1 à 2 cuillères à café de feuilles séchées par tasse de 25 cl d’eau très chaude. Couvrez, laissez infuser 10 minutes, filtrez. Une tasse le matin ou en fin d’après-midi, selon le goût. Un trait de citron ou une pointe de miel adoucit l’astringence.
Infusion en litre : 40 à 50 g de feuilles séchées pour un litre d’eau, 10 minutes sous couvercle. Préparée le matin, elle se boit dans la journée, tiède ou froide.
Macération prolongée (version très astringente) : versez l’eau chaude sur les feuilles et laissez 15 à 30 minutes à couvert avant de filtrer. C’est la préparation que l’herboristerie retient quand on cherche l’effet des tanins.
Gargarisme ou bain de bouche : préparez une infusion classique, laissez-la refroidir complètement, filtrez soigneusement, puis gargarisez-vous quelques secondes avant de recracher. Une préparation fraîche chaque jour.
Feuilles fraîches : elles s’utilisent aussi, en doublant à peu près le volume par rapport aux feuilles sèches, puisqu’elles contiennent de l’eau.
Gélules et teinture du commerce : elles existent en pharmacie et en herboristerie. Dans ce cas, référez-vous exclusivement au mode d’emploi du fabricant et à l’avis du pharmacien.
Côté fruit, en cuisine : la framboise se mange nature ou sucrée, en jus, coulis, sorbet, confiture et pâtisserie. Le sirop se prépare à poids égal de sucre et de jus de fruit, cuit jusqu’à la consistance voulue. Le vinaigre de framboise se fait avec environ 1 litre de vinaigre blanc pour 1,5 kg de fruits, 10 jours de macération puis filtration ; en remplaçant le vinaigre par de l’eau-de-vie blanche, on obtient une liqueur maison.
Forme
Préparation
Usage qu’on lui prête
Infusion courte
1 à 2 c. à café de feuilles séchées / 25 cl, 10 min à couvert
Boisson de confort du quotidien, réputée tonique et drainante
Macération 15-30 min
Même dosage, temps de contact allongé, à couvert
Extraction des tanins, forme retenue par l’herboristerie pour l’effet astringent
Gargarisme
Infusion refroidie et bien filtrée, préparée du jour
Usage traditionnel en cas de gorge irritée ; on recrache, on n’avale pas
Vinaigre de framboise
1 l de vinaigre blanc pour 1,5 kg de fruits, 10 jours, puis filtrer
Condiment de cuisine ; dilué, il entre aussi dans les gargarismes traditionnels
Gélules, teinture
Produits prêts à l’emploi, pharmacie ou herboristerie
Selon la notice du fabricant uniquement, et après avis du pharmacien
Framboises fraîches : sirop, coulis, vinaigre ou liqueur maison
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : une cuillère à café de feuilles séchées par tasse, 10 minutes à couvert, et un trait de citron pour adoucir l’astringence.
Quelle partie du framboisier utilisé-t-on en tisane ?
Uniquement les feuilles, fraîches ou séchées. Ce sont elles qui concentrent les tanins et les flavonoïdes auxquels l’herboristerie s’intéresse. Le fruit, riche en vitamine C, en fer et en fibres, relève plutôt de la cuisine : jus, coulis, sirop, confiture, vinaigre.
Quand récolter et comment sécher les feuilles ?
Au printemps et au début de l’été, sur les jeunes pousses, par temps sec et loin des bords de route. Étalez-les à plat, à l’ombre, dans un endroit aéré, jusqu’à ce qu’elles craquent entre les doigts. Conservez-les ensuite en bocal de verre à l’abri de la lumière, environ un an.
Pourquoi ma tisane est-elle si âpre ?
Parce que l’infusion a été trop longue : au-delà de 10 minutes, les tanins passent massivement dans l’eau et le goût devient râpeux. Pour une boisson de plaisir, restez sur 10 minutes et associez à un peu de mélisse ou de menthe. La macération de 15 à 30 minutes, elle, est celle que l’herboristerie retient justement pour extraire ces tanins.
Peut-on en boire pendant la grossesse ou l’allaitement ?
Pendant l’allaitement, non : le caractère astringent de la feuille peut diminuer la production de lait maternel. Pendant la grossesse, un avis médical préalable est indispensable, car cette feuille est traditionnellement associée à la sphère utérine. C’est le point à ne pas négliger avec cette plante.
Peut-on l’associer à la sauge ?
La tradition herboriste considère cette association comme dépourvue d’effets secondaires et lui prête un effet régulateur du cycle menstruel ainsi qu’un apaisement des crampes qui l’accompagnent parfois. La sauge a toutefois ses propres contre-indications, notamment la grossesse, l’allaitement et les terrains hormono-dépendants : demandez conseil à un professionnel avant de mélanger les deux.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.