Cinq plantes réputées aphrodisiaques : ce que l’herboristerie leur prête
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Ginseng, ginkgo, yohimbe, passiflore bleue et griffonia : cinq plantes que la tradition associe au désir et à la vitalité. Voici, pour chacune, la partie utilisée, les formes d’emploi courantes, le goût, et surtout les précautions à connaître avant d’ouvrir un bocal ou une boîte de gélules.
Automne pour la racine de ginseng et les graines de griffonia ; été pour les fleurs de passiflore ; fin d’été à automne pour les feuilles de ginkgo
Goût
Terreux et légèrement sucré (ginseng), franchement amer (ginkgo, yohimbe), doux et herbacé (passiflore), neutre (graines de griffonia)
Ce qu’on leur prête
Tous ces usages relèvent de la tradition et de l’herboristerie, jamais d’une promesse de résultat.
La racine de ginseng se rencontre souvent réduite en poudre
Le ginseng (Panax ginseng)
Originaire d’Asie, il est employé depuis des millénaires par la médecine traditionnelle chinoise.
On le classe traditionnellement parmi les plantes dites adaptogènes, censées soutenir la résistance de l’organisme aux périodes de fatigue.
La tradition lui prête une action sur la circulation et le tonus général, d’où sa réputation de plante du désir masculin.
En herboristerie, le Panax ginseng est jugé plus actif que le ginseng sibérien (éleuthérocoque) ou le ginseng américain.
Les feuilles en éventail du ginkgo, partie utilisée en herboristerie
Le ginkgo (Ginkgo biloba)
Aussi appelé arbre aux quarante écus ou arbre aux abricots d’argent, c’est une plante réputée aphrodisiaque dans les usages populaires.
La naturopathie lui prête un soutien de la microcirculation et de la vigilance, deux terrains qu’elle relie au désir.
On lui attribue traditionnellement une influence sur les messagers nerveux associés à l’excitation et à l’envie.
Ses feuilles sont également employées, en tisane, pour un usage de confort dans les jambes lourdes.
Le yohimbe (Pausinystalia johimbe)
En Afrique de l’Ouest, l’écorce est employée de longue date comme stimulant rituel et réputé aphrodisiaque.
Les herboristes lui prêtent une action sur l’afflux sanguin et sur le tonus, pour les hommes comme pour les femmes.
C’est la plante la plus délicate de cette liste : sa réputation est forte, ses précautions le sont tout autant.
La passiflore bleue, à ne pas confondre avec la passiflore officinale
La passiflore bleue (Passiflora caerulea)
Outre la beauté de ses fleurs, elle est réputée stimulante, à la différence de sa cousine Passiflora incarnata, employée pour le calme et le sommeil.
Sa richesse en chrysine explique la réputation que lui prête la naturopathie du côté de l’équilibre hormonal masculin.
On l’oriente traditionnellement vers les hommes avançant en âge qui constatent une baisse d’élan.
Le griffonia (Griffonia simplicifolia)
Plante grimpante d’Afrique de l’Ouest et centrale, dont les graines sont récoltées à maturité.
La naturopathie l’emploie traditionnellement pour accompagner l’humeur, le sommeil et le rapport à l’appétit.
Par ce biais, les praticiens lui prêtent un rôle d’appui sur le confort intime lorsque la tension nerveuse pèse sur celui-ci.
Comment les employer
Infusion de feuilles de ginkgo ou de passiflore : une cuillère à café de plante sèche par tasse, eau frémissante versée dessus, 8 à 10 minutes à couvert. Le ginkgo est amer : une lamelle de gingembre ou un peu de miel l’adoucit.
Décoction de racine de ginseng : quelques rondelles ou une cuillère à café de racine coupée par tasse, portées à ébullition puis laissées frémir 15 à 20 minutes, couvercle posé. Se boit plutôt le matin ou en début d’après-midi.
Poudre de ginseng : une petite cuillère rase mélangée à une compote, un yaourt ou un jus, au moment du repas pour éviter la sensation d’estomac creux.
Gélules d’extrait (ginseng, ginkgo, chrysine de passiflore, griffonia) : forme la plus courante en boutique. On s’en tient toujours au dosage indiqué sur la boîte, jamais au-delà, et l’on demande l’avis d’un professionnel de santé avant de commencer.
Teinture : quelques gouttes diluées dans un fond d’eau, avant le repas. Le goût est puissant et alcoolisé.
Moment de la journée : ginseng et ginkgo plutôt dans la première partie de la journée, griffonia plutôt le soir en raison de la somnolence qu’il peut entraîner.
Durée : la tradition parle de cures d’un à deux mois, suivies d’une pause. Une prise continue sans interruption n’a pas de sens dans cette approche.
Forme
Préparation
Usage courant
Infusion
Feuilles de ginkgo ou fleurs de passiflore, 8 à 10 min à couvert
Une à deux tasses dans la journée, goût amer à corriger
Décoction
Racine de ginseng, 15 à 20 min de frémissement
Le matin, pendant ou juste après le repas
Poudre
Racine séchée broyée, mélangée à un aliment mou
Pratique en cuisine, à doser à la petite cuillère
Gélules d’extrait
Extrait titré préparé par le fabricant
Selon l’étiquette uniquement, en cure encadrée
Teinture
Macération alcoolique du commerce
Quelques gouttes diluées, avant le repas
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : commencez par une seule plante, sous une seule forme, sur une cure courte, et vérifiez toujours le nom latin sur l’emballage.
Quelle plante choisir quand on débute ?
Le ginseng et le ginkgo sont les deux plus familières et les plus faciles à trouver en herboristerie. Le ginseng se prépare en décoction de racine, le ginkgo en infusion de feuilles. Le yohimbe et le griffonia, eux, portent davantage de contre-indications et ne sont pas des plantes de découverte.
Faut-il préférer les gélules ou l’infusion ?
L’infusion et la décoction sont les formes les plus douces et les plus lisibles : on voit la plante, on maîtrise la quantité. Les gélules d’extrait sont plus concentrées et se prennent uniquement selon le dosage indiqué par le fabricant. Dans tous les cas, l’avis d’un professionnel de santé est le meilleur point de départ.
Combien de temps dure une cure traditionnelle ?
La tradition parle d’un à deux mois, suivis d’une pause. Enchaîner les mois sans interruption n’a pas de sens dans cette approche, qui repose sur l’alternance. Une prise prolongée doit être discutée avec un professionnel de santé.
Ces plantes conviennent-elles aussi aux femmes ?
Le ginkgo et le yohimbe sont traditionnellement employés chez les hommes comme chez les femmes, sur avis médical. Le ginseng et la passiflore bleue sont plutôt orientés, dans les usages, vers les hommes, la passiflore en particulier vers ceux qui avancent en âge. Le ginkgo et le yohimbe restent toutefois soumis à leurs contre-indications propres, notamment grossesse et allaitement pour le ginkgo.
Peut-on les associer entre elles ?
Mieux vaut éviter les mélanges improvisés, surtout avec le yohimbe et le griffonia. Une seule plante à la fois permet de repérer ce qui convient et ce qui ne convient pas. Toute association mérite d’être validée par un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement en cours.
Photo : stokpic, Marzena P. et Marc Pascual
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Rédactrice web confirmée, elle a été webmaster d'une jardinerie indépendante avant de se spécialiser dans le végétal. Sur Jardiner Malin, elle écrit sur les orchidées, les rosiers et le potager de balcon. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos.