Busserole (raisin d’ours) : ce que l’herboristerie lui prête
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Petit arbrisseau rampant des forêts de conifères et des rochers siliceux de montagne, la busserole est surtout connue pour ses feuilles persistantes, séchées puis infusées. Cette fiche rassemble ce que l’on sait d’elle — botanique, composition, usages traditionnels en herboristerie, façons de la préparer — et surtout les précautions qui accompagnent son emploi, car elles sont nombreuses.
Ce sont les feuilles séchées, et elles seules, que l’on emploie
La feuille, séchée, entière ou coupée (les baies sont anecdotiques)
Formes d’emploi
Macération à froid, infusion, décoction, poudre, teinture, extrait cosmétique
Récolte
Feuilles cueillies de la fin du printemps à la fin de l’été, séchées à l’ombre
Goût
Très astringent, amer, un peu râpeux en bouche
Habitat
Clairières de conifères et rochers siliceux d’Asie, d’Europe, d’Amérique du Nord
À quoi elle ressemble au jardin
Arbrisseau bas, aux tiges rampantes qui forment un tapis dense et couvre-sol.
Feuilles persistantes en forme de spatule, épaisses, vert foncé et luisantes dessus.
Petites fleurs blanches à rosé-rouge groupées en grappes pendantes.
Fruits rouges, farineux, appréciés des ours — d’où le nom de raisin d’ours.
Plante rare en plaine, bien connue au Québec, où elle partage les terrains acides du bleuet.
Ce qu’on lui prête
La busserole est une plante d’herboristerie classique, au champ d’usage étroit et très ciblé. Rien de ce qui suit ne remplace un diagnostic ni un traitement.
Le confort urinaire : c’est l’usage traditionnel principal. L’herboristerie européenne emploie depuis des siècles la feuille de busserole en tisane dans les inconforts passagers de la sphère urinaire, sur de courtes périodes seulement.
Un effet dit « drainant » : la naturopathie la classe parmi les plantes réputées favoriser l’élimination par les reins, souvent en association avec d’autres plantes de la même famille d’usage.
Une action astringente : les tanins abondants de la feuille lui valent, en herboristerie traditionnelle, une réputation de plante resserrante, employée en usage interne bref ou en bain de bouche.
Un usage cosmétique : l’extrait de busserole est utilisé en cosmétique pour son action sur la formation de la mélanine ; on le retrouve dans des soins destinés à atténuer l’aspect des taches cutanées et les irrégularités du teint.
Un usage rituel amérindien : mêlées au tabac, les feuilles séchées étaient fumées, la tradition leur prêtant le pouvoir de « calmer les esprits et de clarifier les idées », un argument d’harmonie entre les peuples.
Un usage culinaire ancien : consommée fraîche, crue ou cuite, elle entrait dans les soupes et les bouillons, notamment à la cuisson des viandes.
Feuilles en spatule et baies rouges du raisin d’ours
Comment l’employer
La macération à froid, la préparation la plus douce
Comptez une cuillère à café de feuilles séchées coupées pour une tasse d’eau froide.
Laissez macérer de 8 à 12 heures, à couvert, sur le plan de travail ou au frais.
Filtrez, puis buvez tel quel ou légèrement réchauffé sans faire bouillir.
Intérêt : l’eau froide extrait beaucoup moins de tanins, la boisson est moins amère et moins agressive pour l’estomac. C’est la forme que privilégient la plupart des herboristes.
L’infusion
Une cuillère à café de feuilles séchées par tasse d’eau frémissante.
Couvrez et laissez infuser une dizaine de minutes, puis filtrez soigneusement.
À boire entre les repas plutôt qu’à jeun, la feuille étant riche en tanins.
Le goût est franchement astringent : une rondelle de citron ou une pincée de menthe le rend plus aimable.
La décoction
Feuilles séchées jetées dans l’eau froide, portées à ébullition puis maintenues à petits bouillons.
Préparation traditionnelle mais la plus chargée en tanins, donc la plus âpre et la moins bien tolérée.
À réserver aux usages externes (compresse, bain de bouche) si l’estomac est sensible.
Poudre et teinture
Les feuilles séchées se réduisent en poudre fine, conditionnée en gélules ; la teinture s’obtient par macération alcoolique.
Ces formes sont concentrées : elles s’utilisent uniquement sur une durée courte et selon les indications du fabricant ou d’un professionnel.
En cuisine
Les feuilles ont été employées dans les soupes et les bouillons, en particulier pendant la cuisson des viandes, pour leur note amère.
Dans la tradition amérindienne, elles étaient cuites dans de la graisse animale puis mêlées à des œufs de poisson.
On adoucissait l’ensemble avec du sirop de bouleau ou du sirop d’érable.
Les formes d’emploi comparées
Forme
Préparation
Ce qu’on en fait
Macération à froid
Feuilles dans l’eau froide, 8 à 12 h, à couvert
Boisson douce, peu tannique : la forme traditionnellement conseillée
Infusion
Eau frémissante, 10 minutes à couvert
Tisane rapide, plus amère, à prendre entre les repas
Décoction
Petits bouillons prolongés
Très astringente, plutôt réservée à l’usage externe
Poudre / gélules
Feuilles séchées broyées finement
Forme concentrée, emploi bref et encadré
Teinture
Macération alcoolique des feuilles
Quelques gouttes diluées, sur une très courte durée
Extrait cosmétique
Extrait standardisé intégré à une formule
Soins du teint, produits visant les taches cutanées
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : préparez la busserole en macération à froid toute une nuit plutôt qu’en décoction — moins de tanins, moins d’amertume, moins de désagréments pour l’estomac.
Quelle partie de la busserole utilisé-t-on ?
Uniquement la feuille, et de préférence séchée, entière ou coupée. Les baies rouges, farineuses et sans saveur, sont surtout consommées par la faune sauvage. Les feuilles se sèchent à l’ombre après une cueillette de fin de printemps ou d’été.
Pourquoi ne pas en prendre longtemps ?
Parce que la feuille est très riche en tanins et que l’usage traditionnel fixe une limite claire : une dizaine de jours au maximum, pour éviter les douleurs d’estomac. Au-delà, ou en cas de nausées, d’irritation gastrique ou de vomissements, on arrête et l’on demande conseil.
Peut-on en boire pendant la grossesse ou l’allaitement ?
Non. La busserole est fortement déconseillée aux femmes enceintes comme à celles qui allaitent. Elle est également à éviter chez les enfants, et à ne pas associer à un traitement en cours sans l’avis d’un professionnel de santé.
Pourquoi sa tisane est-elle si amère ?
Les tanins de la feuille lui donnent une saveur franchement astringente, râpeuse en bouche. La macération à froid en extrait beaucoup moins que l’eau bouillante : la boisson reste buvable. Une rondelle de citron ou quelques feuilles de menthe adoucissent l’ensemble.
La busserole se cuisine-t-elle vraiment ?
Elle l’a été : les peuples amérindiens la consommaient fraîche, crue ou cuite, et ses feuilles entraient dans les soupes, les bouillons et la cuisson des viandes. Cuites dans de la graisse animale, elles étaient mêlées à des œufs de poisson, puis adoucies au sirop de bouleau ou d’érable.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.