Pulmonaire officinale : usages traditionnels, tisane et précautions
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La pulmonaire, ou « herbe aux poumons », est une vieille compagne des jardins d’ombre et des herbiers de campagne. Feuilles tachées de blanc, fleurs rouge-violacé, goût franchement amer : voici ce que l’herboristerie traditionnelle lui prête, quelles parties se récoltent, comment préparer une infusion correcte, et les cas où il vaut mieux s’abstenir.
Nom latin
Pulmonaria officinalis
Famille
Boraginacées
Autres noms
Herbe aux poumons, herbe au lait de Notre-Dame, grande pulmonaire
Parties utilisées
Feuilles et sommités fleuries ; jeunes pousses en cuisine
Sommités fleuries au printemps (mars à mai), feuilles jusqu’au début de l’été
Goût
Amer et végétal, avec une sensation douce, presque visqueuse, due aux mucilages
Où elle pousse
Sous-bois frais et zones humides d’Europe, notamment en France et en Suisse
Reconnaître la pulmonaire
Une touffe basse et rustique, au feuillage soyeux au toucher mais couvert de poils rudes.
De grandes feuilles ovales maculées de taches blanches, très caractéristiques.
Une floraison précoce, rouge-violacée, qui vire souvent du rose au bleu en vieillissant.
Un port de plante d’ombre : on la trouve au pied des haies, en lisière, en sol frais et riche.
Feuilles tachées de blanc et fleurs rouge-violacé : les deux repères de la pulmonaire
Ce qu’on lui prête
En herboristerie traditionnelle, la pulmonaire est réputée émolliente et adoucissante : ses mucilages laissent en bouche une sensation enveloppante, ce qui explique son usage ancien en cas de gorge irritée.
La tradition populaire européenne l’a longtemps employée comme expectorante, en tisane, dans l’inconfort des voies respiratoires hivernales et la toux d’irritation.
Les herboristes lui prêtent des propriétés astringentes, liées à ses tanins, et la conseillaient en bain de bouche ou en gargarisme lors d’une gorge enrouée.
En usage externe traditionnel, on l’employait en compresse sur les gerçures, crevasses et petites irritations cutanées.
La naturopathie lui attribue un effet diurétique léger et diaphorétique (qui favorise la transpiration), dans une logique d’accompagnement des cures de printemps.
Dans la médecine des signatures du Moyen Âge, ses feuilles tachetées la désignaient d’office comme plante des poumons : l’usage vient de là, et non d’une démonstration.
Il s’agit d’un savoir d’usage, transmis par l’herboristerie et la naturopathie. Rien ici ne remplace l’avis d’un professionnel de santé, en particulier si une toux s’installe ou si la respiration est gênée.
Comment l’employer
L’infusion de feuilles séchées
Quantité d’usage courant : 2 cuillerées à café de feuilles séchées pour 200 ml d’eau.
Préparation : portez l’eau à ébullition, versez-la sur les feuilles, couvrez.
Durée : laissez infuser 10 minutes, puis filtrez soigneusement — la filtration élimine les poils, qui peuvent gratter la gorge.
Moment : traditionnellement au cours des repas, jusqu’à deux ou trois tasses dans la journée, sur des périodes courtes seulement.
Goût : nettement amer. Quelques feuilles de menthe dans l’infusion, ou une cuillerée de miel ajoutée hors ébullition, le rendent bien plus agréable.
Le gargarisme
Préparez l’infusion de la même façon, puis laissez-la tiédir.
Filtrez deux fois, à travers un linge fin de préférence.
Usage traditionnel : en bain de bouche ou gargarisme, gorge enrouée, plusieurs fois dans la journée.
La compresse
Faites une infusion plus concentrée, laissez refroidir complètement, filtrez.
Imbibez un linge propre et appliquez quelques minutes sur une peau intacte.
À réserver aux petites gerçures et rugosités : jamais sur une plaie ouverte.
En cuisine
Seules les très jeunes pousses se consomment : plus tard, les poils deviennent désagréables.
Crues, hachées menu, dans une salade printanière avec d’autres jeunes feuilles sauvages.
Cuites à la vapeur quelques minutes, à la manière des épinards, avec un filet d’huile d’olive.
Usage occasionnel et en petite quantité, comme un aromate, non comme un légume de base.
Forme
Préparation
Ce que la tradition en fait
Infusion
2 c. à café de feuilles séchées pour 200 ml d’eau bouillante, 10 min à couvert, bien filtrer
Boisson adoucissante de l’hiver, réputée émolliente en herboristerie
Gargarisme
Même infusion, refroidie à tiède et filtrée deux fois
Gorge enrouée, en usage local traditionnel
Compresse
Infusion concentrée, refroidie, sur un linge propre
Gerçures et petites irritations, par tradition astringente
Cuisine
Jeunes pousses crues hachées, ou feuilles à la vapeur
Usage alimentaire ancien, en salade ou façon épinards
Questions frequentes
L’astuce à retenir : 2 cuillerées à café de feuilles séchées pour 200 ml d’eau bouillante, 10 minutes à couvert, filtrage soigneux, et un peu de menthe ou de miel pour dompter l’amertume.
Quelle partie de la pulmonaire utilise-t-on ?
Les feuilles et les sommités fleuries, fraîches puis séchées, sont les parties employées en tisane, en gargarisme ou en compresse. Les toutes jeunes pousses, elles, servaient autrefois en cuisine, crues en salade ou cuites à la vapeur. Les feuilles âgées, trop poilues, ne se mangent pas.
Pourquoi l’appelle-t-on « herbe aux poumons » ?
Le nom vient du Moyen Âge : les taches blanches de ses feuilles évoquaient pour les gens de l’époque l’aspect d’un poumon, ce qui suffisait alors à désigner l’usage d’une plante. C’est cette logique des signatures, et non une démonstration, qui a orienté son emploi traditionnel vers la sphère respiratoire.
Comment rendre la tisane moins amère ?
Le goût de la pulmonaire est franchement amer et végétal. Ajoutez quelques feuilles de menthe dans l’infusion, ou une cuillerée de miel dans la tasse une fois la boisson tiédie. Le miel se mélange mieux et garde tout son parfum s’il n’est pas versé dans un liquide bouillant.
Peut-on en boire tous les jours pendant plusieurs semaines ?
Non : mieux vaut s’en tenir à des usages courts et espacés. La pulmonaire fait partie des Boraginacées, famille dont certains composés sont mal tolérés par le foie sur la durée. En cas de traitement en cours, de grossesse, d’allaitement ou de doute, demandez conseil avant toute prise.
Peut-on la cultiver au jardin pour la récolter ?
Oui, c’est une vivace d’ombre très facile, qui apprécie les sols frais et riches sous les haies ou les arbustes. On récolte les sommités fleuries au printemps et les feuilles jusqu’au début de l’été, en laissant toujours une partie de la touffe pour qu’elle se reforme.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis medical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de sante.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.