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Pétasite (herbe aux teigneux) : usages traditionnels, formes d’emploi et précautions

Pétasite bienfaits

La pétasite, ou « herbe aux teigneux », est une grande vivace des bords de ruisseaux aux feuilles en cœur spectaculaires. On en utilisé le rhizome et les feuilles, jamais à l’état brut : la plante renferme des composés toxiques pour le foie. Voici ce que la tradition lui prête, sous quelles formes on la trouve, et les précautions qui s’imposent avant tout usage.

Carte d’identité de la pétasite

Nom latin Petasites hybridus
Autres noms Herbe aux teigneux, chapeau du diable, grand pas-d’âne
Famille Astéracées
Parties utilisées Rhizome principalement, feuilles
Formes d’emploi Extraits standardisés « sans AP » en compléments alimentaires (gélules, extraits liquides) ; usage externe traditionnel des feuilles
Saison de récolte Rhizome à l’automne, feuilles en été (récolte réservée aux filières professionnelles)
Goût Très amer, âcre, légèrement résineux

Un peu d’histoire

  • Au Moyen Âge, les peuples européens y avaient recours dans les périodes d’épidémie et de fièvre : c’est un usage historique, aujourd’hui sans valeur pratique.
  • Au XVIIe siècle, les herbiers anciens la mentionnent pour panser les plaies et accompagner la toux et les gênes respiratoires.
  • Dans les années 1950, l’herboristerie européenne s’est intéressée à ses préparations dans un contexte d’allergies et d’inflammations.
  • Son surnom d’« herbe aux teigneux » vient des applications externes que l’on faisait autrefois de ses grandes feuilles sur la peau.
Pétasite allergie
Les feuilles géantes en cœur qui ont donné son nom à la plante

Ce qu’on lui prête

  • Confort respiratoire au printemps : la naturopathie lui prête un rôle d’accompagnement du confort du nez et des yeux lors des périodes de pollens (éternuements, picotements oculaires, nez qui coule).
  • Souplesse articulaire : les herboristes la citent traditionnellement parmi les plantes associées au confort articulaire.
  • Confort digestif : l’usage traditionnel la range parmi les plantes dites antispasmodiques, employées lorsque le ventre est noué ou irritable.
  • Confort de la tête : la littérature d’herboristerie l’évoque de longue date pour accompagner les personnes sujettes aux maux de tête répétitifs.
  • Voies urinaires : la tradition lui prête un usage dans les tensions douloureuses des voies urinaires.
  • Usage externe ancien : les feuilles fraîches étaient appliquées telles quelles sur la peau, d’où son nom populaire.

Ces usages relèvent de la tradition et de la naturopathie. Ils ne constituent ni un traitement ni une promesse de résultat, et la pétasite n’est pas une plante anodine : voir l’encadré « Précautions ».

Comment l’employer

C’est le point à retenir avant tout le reste : la pétasite ne s’emploie pas comme une tisane de jardin. On ne la cueille pas, on ne la sèche pas soi-même, on ne la met pas à infuser.

  • La seule forme raisonnable en interne est un extrait standardisé, préparé industriellement et débarrassé des alcaloïdes pyrrolizidiniques, avec la mention « sans AP » ou « sans PA » clairement lisible sur l’étiquette.
  • Quantité : on s’en tient strictement aux indications portées sur le conditionnement du fabricant, sans jamais les dépasser ni les cumuler avec un autre complément contenant de la pétasite.
  • Moment : ces extraits se prennent habituellement au moment des repas, avec un grand verre d’eau, pour limiter la gêne digestive liée à l’amertume.
  • Durée : l’usage se conçoit sur une période courte et délimitée, jamais en prise continue au long cours, et toujours après validation par un médecin ou un pharmacien.
  • Usage externe : l’application traditionnelle de feuilles fraîches sur la peau relève du folklore ; elle ne se pratique pas sur une plaie ouverte, une brûlure ou une peau lésée.
  • En cuisine : aucun usage. La pétasite européenne n’est pas une plante alimentaire, son amertume et sa composition l’excluent de l’assiette.

Quelle forme pour quel usage ?

Forme Préparation Ce qu’il faut savoir
Extrait standardisé « sans AP » Gélules ou extrait liquide du commerce, préparés en laboratoire Seule forme interne à envisager ; suivre l’étiquette et l’avis d’un professionnel
Infusion ou décoction maison Rhizome ou feuilles séchées à la maison À proscrire : les alcaloïdes toxiques passent dans l’eau et ne sont pas éliminés
Teinture ou macérat maison Plante fraîche macérée dans l’alcool À proscrire également : aucune purification possible en cuisine
Feuille fraîche en externe Feuille entière appliquée sur la peau saine Usage traditionnel ancien ; jamais sur plaie ou peau abîmée

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : avec la pétasite, le geste utile n’est pas de préparer une tisane mais de vérifier la mention « sans AP » sur l’étiquette — et de demander l’avis d’un professionnel avant d’ouvrir la boîte.

Peut-on faire une tisane de pétasite avec des feuilles du jardin ?

Non. La plante renferme naturellement des alcaloïdes pyrrolizidiniques, toxiques et cancérigènes pour le foie et les poumons, qui passent dans l’eau d’infusion. Aucune préparation maison — tisane, décoction, teinture — ne permet de les éliminer. Seuls les extraits industriels purifiés et étiquetés « sans AP » sont envisageables.

Quelles sont les précautions à prendre avec la pétasite ?

Elle est contre-indiquée aux femmes enceintes et allaitantes, aux personnes allergiques aux Astéracées et à celles souffrant d’une maladie du foie ou ayant des antécédents d’hépatite. Elle est à éviter chez les enfants et en cas de traitement en cours sans avis médical. On n’utilisé que des produits « sans AP », sur une durée courte, après avis du médecin ou du pharmacien.

Quelles parties de la plante utilisé-t-on ?

Le rhizome principalement, et les feuilles. Ce sont ces parties que les filières professionnelles récoltent — le rhizome à l’automne, les feuilles en été — pour en tirer des extraits. La récolte personnelle n’a ici aucun intérêt et présente un risque de confusion avec d’autres grandes vivaces des sols humides, dont le tussilage.

Que lui prête la tradition ?

L’herboristerie européenne la cite depuis des siècles : plaies et gênes respiratoires au XVIIe siècle, allergies et inflammations dans les années 1950. La naturopathie lui prête aujourd’hui un rôle d’accompagnement du confort respiratoire au printemps, du confort articulaire et digestif. Ce sont des usages traditionnels, pas des traitements.

Pourquoi l’appelle-t-on « herbe aux teigneux » ?

Ce surnom populaire vient des applications externes que l’on faisait autrefois de ses grandes feuilles sur la peau. Le nom botanique, lui, vient du grec petasos, le large chapeau de feutre des pâtres grecs, en référence à la taille des feuilles — elles servaient d’ailleurs à envelopper le beurre pour le protéger de la chaleur.

Ces informations sont données a titre indicatif et relèvent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.