Le sumac de Virginie, également appelé vinaigrier, est un grand arbuste ou petit arbre caduc spectaculaire en automne. Son feuillage composé prend des teintes jaune, orange puis rouge écarlate, tandis que ses rameaux veloutés et ses grappes de fruits rouges lui donnent une silhouette très reconnaissable. Facile à cultiver, rustique et peu exigeant, Rhus typhina possède néanmoins un défaut à connaître avant de le planter : il drageonne vigoureusement et peut former une véritable colonie si on le laisse faire.
| Nom | Sumac de Virginie, vinaigrier |
| Nom botanique | Rhus typhina |
| Famille | Anacardiacées |
| Type | Grand arbuste ou petit arbre caduc |
| Hauteur | 4 à 6 m généralement, parfois davantage |
| Exposition | Soleil, mi-ombre possible |
| Sol | Ordinaire, de préférence bien drainé |
| Feuillage | Caduc, jaune, orange et rouge en automne |
| Floraison | Fin du printemps à début de l’été |
| Rusticité | Excellente |
Le sumac de Virginie type est spectaculaire mais volumineux et très drageonnant. Certaines formes horticoles sont particulièrement intéressantes pour leur feuillage ou leur développement plus contenu.
| Variété ou espèce | Particularités | Utilisation |
|---|---|---|
| Rhus typhina | Espèce type, vigoureuse, feuillage flamboyant, très drageonnante | Grand jardin, talus, zone naturalisée |
| Rhus typhina ‘Dissecta’ | Feuillage profondément découpé, presque plumeux | Isolé, grand massif |
| Rhus typhina f. laciniata | Feuillage finement découpé, rouge, orange et jaune en automne | Massif, isolé |
| Rhus typhina ‘Tiger Eyes’ | Plus compact, feuillage très découpé, jaune doré puis orange et rouge | Petit jardin, massif, grand bac |
| Rhus glabra | Sumac glabre, rameaux dépourvus du duvet caractéristique de R. typhina | Haie libre, zone naturalisée |
| Rhus aromatica ‘Gro-Low’ | Port bas et étalé, feuillage trilobé aux belles couleurs automnales | Couvre-sol, talus, terrain sec |
Le sumac de Virginie se plante de préférence à l’automne ou au printemps, en dehors des périodes de gel, de forte chaleur ou de sol détrempé.
Peu exigeant, il s’adapte à de nombreux terrains à condition que l’eau ne stagne pas durablement autour des racines. Le plein soleil favorise les colorations automnales les plus intenses.
C’est probablement la question la plus importante à se poser avant de planter un vinaigrier.
Rhus typhina possède naturellement un port drageonnant. Ses racines peuvent produire de nouvelles pousses à distance du pied d’origine et, sans intervention, l’arbuste peut progressivement former une colonie.
Cette faculté devient un avantage sur un grand talus ou dans une zone que l’on souhaite naturaliser, mais elle peut être gênante dans un petit jardin, près d’une terrasse ou au milieu d’un massif soigneusement organisé.
Une barrière racinaire peut être envisagée dans certaines situations, mais elle doit former une séparation suffisamment profonde et correctement posée pour être réellement utile. Dans un petit espace, choisir dès le départ une plante moins drageonnante reste souvent plus simple.
En dehors du contrôle des drageons, le vinaigrier demande très peu d’entretien.
Une fois correctement installé, il supporte bien les périodes sèches et ne réclame généralement ni fertilisation importante ni arrosages réguliers.
Aucune taille annuelle n’est indispensable. Son port naturellement graphique constitue justement l’un de ses principaux attraits.
La taille consiste essentiellement à :
Une taille sévère peut provoquer une réaction vigoureuse et favoriser l’apparition de nouvelles pousses. Évitez donc de rabattre systématiquement le sumac dans l’espoir de contenir son développement.
La multiplication est particulièrement facile puisque l’arbuste produit spontanément des drageons.
Un jeune drageon suffisamment développé peut être séparé du pied mère avec une portion de racine puis replanté pendant la période de repos végétatif.
Le sumac peut également être multiplié à partir de fragments de racines pendant la période de repos. Cette capacité explique d’ailleurs en partie sa facilité à coloniser l’espace autour du pied mère.
Le feuillage constitue l’un des grands intérêts du sumac de Virginie. Ses grandes feuilles composées peuvent mesurer plusieurs dizaines de centimètres et donnent à l’arbuste une allure presque exotique.
À l’automne, les feuilles passent progressivement du vert au jaune, à l’orange puis au rouge écarlate. En plein soleil, les colorations sont généralement particulièrement spectaculaires.
Le sumac fait ainsi partie des arbustes les plus intéressants pour apporter de la couleur au jardin en fin de saison.
Le sumac de Virginie porte de petites fleurs réunies en panicules. L’espèce est généralement dioïque : fleurs mâles et fleurs femelles sont portées par des sujets différents.
Après la floraison, les pieds femelles peuvent produire les spectaculaires grappes dressées de petits fruits rouges caractéristiques du vinaigrier. Elles prolongent son intérêt décoratif après la chute des feuilles et peuvent persister pendant l’hiver.
Les fruits rouges de Rhus typhina ont traditionnellement été utilisés en Amérique du Nord pour préparer une boisson acidulée obtenue en faisant macérer les fruits dans l’eau.
Cette utilisation ne doit cependant pas conduire à consommer n’importe quel « sumac » rencontré dans la nature. L’identification botanique doit être certaine, notamment pour éviter toute confusion avec des plantes du genre Toxicodendron.
Au jardin, rien n’oblige évidemment à les récolter : leurs grappes rouges sont également décoratives et intéressantes pour la faune.
Rhus typhina ne doit pas être confondu avec le sumac vénéneux, Toxicodendron vernix, ni avec le sumac grimpant ou poison ivy, Toxicodendron radicans.
Ces plantes appartiennent à la même famille botanique, les Anacardiacées, mais il s’agit de genres différents. Les Toxicodendron contiennent de l’urushiol, responsable de réactions cutanées parfois sévères.
Il n’est donc pas exact de présenter le sumac de Virginie comme un arbre dont les racines ou le feuillage provoqueraient normalement de graves dermites au simple contact.
Comme pour de nombreux végétaux, le port de gants reste néanmoins une bonne précaution lors des travaux de taille, d’arrachage de drageons ou de manipulation prolongée.
Il peut devenir très envahissant dans un jardin en raison de ses nombreux drageons racinaires. Il est préférable de surveiller régulièrement les nouvelles pousses et de choisir un emplacement où son extension pourra être contrôlée.
Supprimez les jeunes drageons régulièrement en intervenant au plus près de leur point de départ. Une surveillance régulière est beaucoup plus efficace que d’attendre la formation de nombreux sujets déjà bien enracinés.
Oui. Il est caduc et perd donc son feuillage en automne après avoir pris de spectaculaires couleurs jaunes, orange et rouges.
Il supporte la taille, mais un rabattage sévère n’est généralement pas nécessaire et peut entraîner une forte production de nouvelles pousses. Contentez-vous de supprimer les branches gênantes ou âgées et de maîtriser les drageons.
L’espèce type n’est pas le meilleur choix pour une culture durable en pot en raison de son développement et de son caractère drageonnant. Certaines formes plus compactes, notamment ‘Tiger Eyes’, sont davantage adaptées à un grand contenant, à condition de prévoir un volume suffisant et un suivi régulier.
Le sumac de Virginie est Rhus typhina. Le sumac vénéneux est Toxicodendron vernix. Ce sont deux plantes différentes. Le second contient de l’urushiol et peut provoquer de sévères dermatites.
Les fruits de Rhus typhina ont traditionnellement servi à préparer une boisson acidulée. Leur consommation suppose toutefois une identification botanique certaine de la plante.
Avant de planter un sumac de Virginie, pensez moins à sa hauteur qu’à l’espace qu’il pourra coloniser autour de lui. Dans un grand jardin ou sur un talus, son caractère drageonnant peut être intéressant ; à proximité d’une terrasse ou dans un petit massif, il peut rapidement devenir contraignant.
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