Le sédum, aussi appelé orpin, est une plante succulente parmi les plus robustes et polyvalentes du jardin. Présent dans de nombreux milieux, du muret de pierres sèches aux toitures végétalisées, il séduit autant par sa facilité de culture que par son intérêt ornemental et écologique. Sa capacité à stocker l’eau dans ses feuilles charnues lui permet de résister aux périodes de sécheresse, ce qui en fait une plante phare des jardins secs. Du minuscule couvre-sol aux grands sédums d’automne, découvrez tout ce qu’il faut savoir pour profiter de cette plante étonnante.
Le sédum appartient à la grande famille des succulentes, celle des plantes grasses qui stockent l’eau dans leurs tissus. Il partage cette stratégie avec l’echeveria, le crassula, l’agave ou le portulaca — mais contrairement à eux, il passe l’hiver dehors sans broncher.
| Nom | Sedum, ou Hylotelephium pour les espèces dressées |
| Nom courant | Sédum, orpin |
| Famille | Crassulacées |
| Type | Vivace succulente, à feuillage persistant ou caduc |
| Hauteur | De 5 cm pour un tapissant à 80 cm pour un dressé |
| Exposition | Plein soleil — la mi-ombre ne convient qu’à makinoi |
| Sol | Léger, drainant, pauvre ou caillouteux |
| Floraison | De juin à octobre selon l’espèce |
| Couleurs | Jaune, blanc, rose, rouge, pourpre |
| Rusticité | De −10 à −30 °C selon l’espèce |
| Multiplication | Bouture de feuille, bouture de tige, division |
Le sédum trouve sa place partout où le sol est sec et bien drainé. Il prospère dans les rocailles, sur les talus pierreux, en bordures de massifs, dans les auges en pierre, mais aussi en pot sur un balcon ou une terrasse. Là où d’autres vivaces dépérissent par manque d’eau, l’orpin garde sa vigueur et conserve un feuillage décoratif tout au long de la saison.
La plantation du sédum se fait de préférence au printemps ou à l’automne.
Les petites espèces tapissantes s’installent rapidement et colonisent le terrain, tandis que les grands sédums d’automne, comme Sedum spectabile, se regroupent idéalement par trois ou cinq pour un effet plus spectaculaire.
Le sédum est une plante de choix pour les jardiniers qui veulent réduire l’entretien. Il n’exige aucun engrais, très peu d’arrosage, et supporte l’oubli sans problème.
Tout le reste découle de là. Un sédum tapissant ne dépasse pas 20 cm, s’étale, couvre le sol et se contente de deux centimètres de terre : c’est lui qu’on met sur une toiture, entre les dalles ou en haut d’un muret. Un sédum dressé monte à 50 cm, forme une touffe qui tient debout tout l’hiver et fleurit en septembre, quand le massif s’éteint. Les deux se cultivent pareil ; ils ne servent pas au même endroit.
Le tableau ci-dessous donne, pour chaque espèce, le port, la floraison, la rusticité et la situation qui lui convient.
| Espèce ou variété | Port | Hauteur | Floraison | Rusticité | Où l’utiliser |
|---|---|---|---|---|---|
| Sedum spurium orpin bâtard |
Tapissant | 10 à 15 cm | Rose, juillet-août | −25 °C | Couvre-sol, bordure, talus |
| Sedum spurium ‘Schorbuser Blut’ Dragon’s Blood |
Tapissant | 10 à 15 cm | Rouge carmin, juillet-août | −25 °C | Le plus coloré : feuillage rouge sombre au soleil |
| Sedum reflexum orpin réfléchi |
Tapissant | 15 à 25 cm | Jaune, juin à août | −20 °C | Rocaille, potée, toiture |
| Sedum rupestre ‘Angelina’ | Tapissant | 10 à 15 cm | Jaune, juillet | −20 °C | Feuillage doré qui rougit en hiver |
| Sedum acre orpin âcre |
Tapissant | 5 à 10 cm | Jaune, juin-juillet | −25 °C | Toiture, muret, joint de dalle |
| Sedum sexangulare orpin à six angles |
Tapissant | 5 à 10 cm | Jaune, juin-juillet | −25 °C | Comme l’âcre, mais sans saveur brûlante |
| Sedum album orpin blanc |
Tapissant | 5 à 15 cm | Blanc, juin à août | −25 °C | Toiture, muret, gravier |
| Sedum dasyphyllum | Tapissant | 3 à 8 cm | Blanc rosé, juin | −15 °C | Minuscule et bleuté : fentes de muret, auge |
| Sedum hispanicum | Tapissant | 5 à 10 cm | Blanc rosé, juin-juillet | −20 °C | Tapis glauque, se ressème seul |
| Sedum kamtschaticum | Tapissant | 10 à 20 cm | Jaune orangé, juin à août | −30 °C | Le plus résistant au froid : bordure, rocaille |
| Sedum makinoi ‘Ogon’ | Tapissant | 5 à 10 cm | Jaune, été | −15 °C | Le seul qui supporte la mi-ombre |
| Sedum sieboldii | Retombant | 10 à 20 cm | Rose, octobre | −15 °C | Potée, suspension, haut de muret |
| Sedum cauticola ‘Lidakense’ | Retombant | 10 à 15 cm | Rose pourpré, sept.-oct. | −20 °C | Feuillage bleu-gris, jolie retombée |
| Sedum ewersii | Retombant | 15 à 20 cm | Rose vif, août-sept. | −25 °C | Muret, rocaille surélevée |
| Sedum palmeri | Retombant | 15 à 20 cm | Jaune, avril-mai | −10 °C | Potée, muret abrité — à rentrer en région froide |
| Sedum morganianum queue d’âne |
Retombant | 30 à 60 cm | Rose, printemps | Gélif, 5 °C minimum | Intérieur ou véranda uniquement, en suspension |
| Sedum spectabile orpin d’automne |
Dressé | 40 à 50 cm | Rose, septembre-octobre | −25 °C | Massif d’automne, fleur coupée |
| Sedum telephium herbe à la coupure |
Dressé | 40 à 60 cm | Pourpre, août à octobre | −25 °C | Massif naturaliste |
| ‘Herbstfreude’ (Autumn Joy) | Dressé | 50 à 60 cm | Rose virant au cuivre, sept.-oct. | −25 °C | Le plus planté : massif, bouquet sec |
| ‘Matrona’ | Dressé | 50 à 60 cm | Rose pâle sur tiges pourpres, sept. | −25 °C | Massif, contraste de feuillage |
| ‘Purple Emperor’ | Dressé | 40 à 50 cm | Rose soutenu, août-sept. | −25 °C | Feuillage pourpre noir toute la saison |
| ‘Frosty Morn’ | Dressé | 30 à 40 cm | Blanc rosé, sept.-oct. | −25 °C | Feuillage panaché de blanc, éclaire un massif |
Le sédum est un atout esthétique et écologique.
Ses fleurs attirent les pollinisateurs, son feuillage couvre le sol et limite les adventices, et sa sobriété en eau
en fait une plante précieuse pour les jardins secs.
C’est l’une des plantes les plus faciles à reproduire du jardin, et la raison est physiologique : ses feuilles charnues contiennent assez d’eau et de réserves pour former des racines toutes seules.
Un détail qui compte : un fragment de tapissant tombé au sol s’enracine tout seul. C’est ce qui rend ces espèces si efficaces sur une toiture, et un peu envahissantes dans une rocaille fine.
La plupart des espèces tiennent −25 °C sans protection, et kamtschaticum descend à −30 °C. Trois exceptions dans le tableau ci-dessus : palmeri s’arrête à −10 °C, dasyphyllum et makinoi à −15 °C, et morganianum est gélif — celui-là ne passe l’hiver qu’à l’intérieur. Le froid n’est jamais ce qui tue un sédum : c’est l’eau qui stagne autour du collet en hiver.
En pleine terre, non — même en canicule. Un sédum installé depuis un an puise dans ses feuilles. En pot, c’est différent : le substrat sèche vite et ne se reconstitue pas ; un arrosage quand la terre est sèche sur trois centimètres, et rien de plus.
C’est le défaut classique des dressés, et il a deux causes qui se cumulent : un sol trop riche, qui fait des tiges molles, et un manque de soleil. Le remède est une taille de moitié fin mai — la touffe repart plus basse et plus dense, et fleurit à peine plus tard. Surtout, n’apportez aucun engrais.
Seul morganianum, la queue d’âne, est fait pour ça. Les autres ont besoin d’une période de froid pour refleurir : gardés au chaud toute l’année, ils s’étiolent et cessent de fleurir dès la deuxième saison.
Au printemps, tous les trois à cinq ans, sur les touffes dressées qui se dégarnissent au centre. La souche se sépare à la bêche en éclats portant chacun des racines ; ils refleurissent la même année.
Le sédum n’est pas classé parmi les plantes dangereuses pour les animaux domestiques. Quelques orpins, dont Sedum acre, ont une sève âcre qui peut irriter la bouche — c’est ce qui lui vaut son nom, et ce qui suffit à en détourner un animal.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.