Le rosier est l’arbuste à fleurs le plus cultivé au monde, et sans doute le plus mal compris. On le croit capricieux, exigeant, réservé aux jardiniers patients. Il est surtout mal choisi : un grimpant planté comme un buisson, un ancien taillé comme un moderne, et la déception est au rendez-vous. Choix du type, plantation, taille, entretien : voici de quoi réussir ses roses, de la première pelletée à la première fleur coupée.
| Nom | Rosa |
| Famille | Rosacées |
| Type | Arbuste à fleurs, buisson, grimpant ou couvre-sol |
| Exposition | Soleil, au moins cinq heures par jour |
| Sol | Profond, frais, bien drainé ; supporte le calcaire |
| Plantation | Novembre à mars hors gel pour les racines nues, toute l’année en conteneur |
| Floraison | Mai à octobre selon le type ; une seule vague chez les non remontants |
| Rusticité | − 15 à − 25 °C selon les variétés |
| Taille | 30 cm pour un miniature à 10 m pour un liane |
C’est la décision qui compte le plus, et celle qu’on prend le plus vite. Un rosier mal choisi ne se rattrape pas à la taille : il occupera toujours la place qu’il veut, pas celle qu’on lui donne.
Les buissons à grandes fleurs, autrefois appelés hybrides de thé, donnent la fleur classique sur tige longue, idéale à couper. Ils exigent une taille annuelle franche et n’ont pas de port décoratif hors floraison.
Les polyanthas et floribundas fleurissent en bouquets plutôt qu’en fleurs isolées. Moins spectaculaires de près, bien plus généreux de loin : ce sont eux qu’on plante en massif.
Les arbustifs et anciens forment un vrai buisson, souvent large, à port naturel. Beaucoup ne fleurissent qu’une fois, mais avec une abondance et un parfum que les modernes n’ont pas. Nos six variétés de rosiers anciens donnent un bon point de départ.
Les grimpants et lianes ne grimpent pas seuls : ils s’appuient et doivent être palissés. Comptez 2 à 3 m pour un grimpant, jusqu’à 10 m pour une liane comme le rosier de Banks.
Les couvre-sol, enfin, s’étalent à moins de 60 cm de haut et demandent presque zéro entretien. Ils font merveille sur les talus et les pentes, là où rien ne tient.
Si vous débutez, commencez par les rosiers faciles de culture ou par un jardin de roses sans contraintes : la réussite du premier décide souvent de la suite.
Le rosier veut du soleil — cinq heures par jour au minimum — et de l’air. Un emplacement confiné, contre un mur sans circulation, favorise l’oïdium et les taches noires. Évitez aussi de replanter un rosier là où un autre vient d’être arraché : le sol est ce qu’on appelle « fatigué », et le nouveau pied végète. Décalez-le d’un mètre, ou renouvelez la terre sur 50 cm de profondeur.
En racines nues, de novembre à mars, hors périodes de gel : c’est la forme la moins chère et celle qui s’installe le mieux, car les racines partent avant que le feuillage ne demande de l’eau. En conteneur, la plantation est possible toute l’année, en évitant le plein été. La plantation du rosier détaille les gestes, du pralinage au buttage.
Creusez large plutôt que profond : 50 cm en tous sens. Le point de greffe — le renflement à la base des branches — se place au niveau du sol, ou 2 à 3 cm en dessous en région froide. Trop haut, il souffre du gel ; trop bas, la variété s’affranchit et le porte-greffe reprend le dessus. Arrosez copieusement, même sous la pluie : c’est l’eau qui plaque la terre contre les racines.

Trois grosses racines ligneuses sous le renflement du point de greffe : voilà un vrai rosier à racines nues
C’est possible, à condition de voir grand : 40 cm de profondeur au minimum, et un vrai drainage. Le rosier en pot demande plus d’eau et plus d’engrais qu’en pleine terre, puisqu’il ne va rien chercher au-delà de son contenant. Les miniatures et les couvre-sol s’y prêtent le mieux ; certains supportent même la culture en intérieur, mais jamais longtemps sans une période de repos au frais.
Un pied de rosier nu au sol n’est pas très gracieux. Lavandes, népétas, géraniums vivaces et sauges habillent la base sans concurrencer les racines. Nos plantes compagnes des rosiers en donnent la liste, et une clématite associée à un grimpant prolonge la floraison quand le rosier marque une pause.
La taille effraie plus qu’elle ne devrait. Le principe tient en une phrase : on taille au-dessus d’un œil tourné vers l’extérieur, en biais, pour ouvrir le centre du buisson. Un rosier aéré prend moins de maladies qu’un rosier dense.
Le reste dépend du type, et c’est là que se joue la différence :
Le principe général et le calendrier complet sont réunis dans notre fiche sur la taille des rosiers.
Un rosier installé depuis deux ans n’a presque plus besoin d’arrosage, sauf en période de canicule — et alors il faut arroser abondamment et rarement, au pied, jamais sur le feuillage.
L’engrais se donne deux fois : au démarrage en mars, et après la première vague de floraison en juin. Rien après août, sous peine de pousses tendres que le gel détruira.
Le geste qui change le plus les choses reste le plus simple : retirer les fleurs fanées. Chez un rosier remontant, chaque fleur laissée en place part en fruit et coupe la remontée. L’effeuillage des fleurs fanées explique où couper exactement, et pourquoi on ne pince pas au ras de la fleur.
Trois ennuis reviennent sans cesse, et tous se lisent sur les feuilles : les taches noires cerclées de jaune, le feutrage blanc de l’oïdium, les pustules orange de la rouille. Aucun n’est mortel, tous affaiblissent.
La prévention vaut mieux que le traitement : de l’air entre les branches, un arrosage au pied, et le ramassage des feuilles tombées, qui portent les spores jusqu’au printemps suivant. Notre fiche sur les maladies et parasites du rosier permet de les reconnaître avant de traiter, et il existe des solutions pour les taches des feuilles.
Le plus simple, quand on plante, reste encore de choisir parmi les rosiers les plus résistants aux maladies : un pied sain ne se traite pas.
Le bouturage du rosier se pratique en fin d’été, sur un rameau de l’année d’une vingtaine de centimètres : c’est la méthode la plus accessible, et elle donne un rosier sur ses propres racines, sans porte-greffe. Il existe aussi une fenêtre estivale plus courte mais plus sûre.
Le greffage en écusson demande davantage de main, mais c’est lui qui permet de reproduire fidèlement une variété et de lui donner la vigueur d’un porte-greffe.
Le parfum ne suit pas la beauté : beaucoup de variétés modernes, sélectionnées pour la tenue et la couleur, ne sentent rien. Si le parfum compte, il faut le choisir explicitement.
Nos roses à parfum et notre sélection des rosiers les plus parfumés ouvrent la voie ; pour en profiter vraiment, plantez-les près de la maison, le long d’un passage ou sous une fenêtre. Un rosier parfumé au fond du jardin est un parfum perdu.
Les roses anglaises de David Austin réunissent souvent les deux : le port des anciens et la remontée des modernes. Et la rose de Damas reste la référence en parfumerie.
Chez les variétés non remontantes, laisser les fleurs en place donne des cynorrhodons — ces fruits rouges très riches en vitamine C, décoratifs tout l’hiver et appréciés des oiseaux.
Pour les roses coupées, cueillez tôt le matin, en biais, au-dessus d’une feuille à cinq folioles. Notre fiche sur le bouquet de roses explique comment les tenir en vase plus de trois jours. Et l’hiver venu, certains rosiers restent décoratifs par leurs fruits ou leurs bois colorés.
De novembre à mars pour les racines nues, hors gel — c’est la meilleure période, et la moins chère. En conteneur, toute l’année sauf en plein été et en période de gel.
Cela dépend du type. Les buissons à grandes fleurs, oui, et court. Les arbustifs et les anciens, non : un simple nettoyage du bois mort et des branches qui se croisent suffit. Les tailler comme des modernes les épuise.
Quatre causes reviennent : pas assez de soleil, une taille au mauvais moment qui a supprimé le bois porteur, un excès d’azote qui pousse la feuille au détriment de la fleur, ou un porte-greffe qui a pris le dessus — reconnaissable à ses rejets partant sous le point de greffe, à supprimer d’un coup sec.
Ramassez et jetez les feuilles atteintes, y compris celles tombées au sol : elles portent les spores jusqu’au printemps. Aérez le buisson à la taille, arrosez au pied. Et pour les plantations à venir, privilégiez les variétés résistantes.
Pas vraiment. Sous cinq heures de soleil par jour, la floraison s’appauvrit et les maladies s’installent. Quelques variétés tolèrent la mi-ombre — certains grimpants, l’églantier — mais aucune ne prospère à l’ombre franche.
Une quinzaine d’années pour un buisson moderne bien entretenu, beaucoup plus pour un ancien ou un grimpant : on connaît des rosiers de Banks et des églantiers centenaires. La longévité dépend surtout de la profondeur du sol et de la reprise à la plantation.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.