Le poirier est l’un des grands arbres fruitiers de nos vergers. Rustique et capable de vivre plusieurs dizaines d’années, il offre au printemps une belle floraison blanche, suivie de poires dont la récolte s’échelonne de l’été à l’automne selon les variétés. Pour obtenir de belles récoltes, quelques points sont essentiels : une plantation au soleil, un sol profond et drainé et, surtout, une bonne pollinisation entre variétés compatibles.
| Nom | Pyrus communis |
| Famille | Rosacées |
| Type | Arbre fruitier |
| Hauteur | 3 à 15 m selon porte-greffe et forme |
| Exposition | Ensoleillée, si possible abritée des vents froids |
| Sol | Profond, fertile et bien drainé |
| Feuillage | Caduc |
| Floraison | Mars à mai selon variété et climat |
| Récolte | Été à automne selon variété |
Le poirier apprécie une exposition ensoleillée, indispensable pour obtenir une bonne floraison et permettre aux fruits de se développer dans de bonnes conditions.
Choisissez si possible un emplacement protégé des vents froids. Cette précaution est particulièrement intéressante au moment de la floraison, lorsque les fleurs sont beaucoup plus vulnérables au gel que l’arbre lui-même.
Le poirier préfère une terre profonde, fertile, fraîche mais drainée. Il supporte mal les sols durablement gorgés d’eau, mais souffre également dans les terrains très secs et superficiels.
Le choix du porte-greffe permet aussi d’adapter le poirier à la nature du terrain, à la place disponible et à la forme souhaitée.
Dans un sol lourd, il est préférable d’améliorer la structure avec de la matière organique et, si nécessaire, de planter légèrement surélevé plutôt que d’incorporer simplement du sable dans le trou de plantation.
La meilleure période pour planter un poirier se situe de l’automne à la fin de l’hiver, hors période de gel, en particulier pour les arbres vendus à racines nues.
Une plantation automnale favorise l’installation des racines avant le retour de la végétation au printemps.
Un poirier acheté en conteneur peut également être installé au printemps, à condition de surveiller attentivement l’arrosage pendant sa première saison. Évitez en revanche les plantations pendant les fortes chaleurs estivales.
C’est l’un des points les plus importants pour obtenir des poires. De nombreuses variétés sont autostériles ou seulement partiellement autofertiles et fructifient beaucoup mieux lorsqu’un autre poirier compatible fleurit à proximité.
Il ne suffit cependant pas de planter deux variétés au hasard : leurs périodes de floraison doivent se chevaucher et elles doivent être compatibles.
Un poirier compatible situé dans un jardin voisin peut parfois assurer la pollinisation grâce aux abeilles et autres insectes pollinisateurs.
| Situation | Conséquence |
|---|---|
| Un seul poirier autostérile | Récolte faible ou inexistante sans pollinisateur à proximité |
| Deux variétés compatibles | Pollinisation et nouaison généralement améliorées |
| Poirier autofertile | Peut fructifier seul, mais une pollinisation croisée peut améliorer la production |
Pour choisir les bonnes associations : variétés de poires et de poiriers.
Le poirier fleurit généralement au début du printemps. Ses fleurs blanches, parfois légèrement rosées, apparaissent en bouquets et attirent de nombreux insectes pollinisateurs.
Une gelée tardive peut endommager les fleurs sans nécessairement affecter l’arbre. Dans les régions régulièrement exposées aux gelées printanières, l’emplacement du poirier et le choix d’une variété à floraison moins précoce peuvent donc avoir une réelle importance.
Une fois installé, le poirier demande relativement peu d’entretien. Les premières années sont néanmoins déterminantes pour construire un arbre équilibré et bien enraciné.
Surveillez particulièrement l’arrosage pendant les premières années et lors des périodes de sécheresse. Un arrosage profond et espacé est généralement préférable à de petits apports superficiels répétés.
Un poirier adulte correctement enraciné est plus autonome, mais une sécheresse importante pendant le grossissement des fruits peut pénaliser la récolte.
Un apport de compost mûr en surface peut être réalisé autour de l’arbre. Évitez les excès d’engrais azotés : ils favorisent une végétation vigoureuse qui n’est pas forcément synonyme de meilleure fructification.
La taille dépend de l’âge de l’arbre, de son porte-greffe et de sa forme : plein vent, fuseau, palmette ou autre forme palissée. Il n’existe donc pas une règle unique consistant à couper systématiquement chaque rameau au deuxième ou troisième bourgeon.
Sur un poirier adulte, l’objectif est principalement de maintenir une ramure équilibrée, lumineuse et productive.
Retrouvez notre fiche détaillée : taille du pommier et du poirier.
Le délai avant la première véritable récolte dépend surtout du porte-greffe, de l’âge du plant, de la variété et de la forme de conduite.
Un poirier greffé sur un porte-greffe peu vigoureux peut commencer à produire relativement jeune, tandis qu’un arbre de plein vent sur porte-greffe vigoureux demande davantage de patience.
Il est donc préférable de ne pas retenir systématiquement la règle « 5 à 10 ans » : deux poiriers de même variété peuvent entrer en production à des âges très différents selon leur porte-greffe et leur conduite.
La période de récolte varie fortement selon les variétés. Les poires d’été sont cueillies relativement tôt tandis que certaines variétés d’automne ou de conservation sont récoltées beaucoup plus tard.
Autre particularité importante : une poire ne doit pas nécessairement être molle pour être prête à cueillir. De nombreuses variétés sont récoltées encore fermes puis poursuivent leur maturation après la cueillette.
Soutenez le fruit dans la main puis relevez-le délicatement. Lorsqu’il est arrivé au bon stade, le pédoncule se détache généralement assez facilement de la branche. Ne forcez pas et évitez d’attendre systématiquement la chute des fruits.
Les capacités de conservation sont très différentes selon les variétés. Les poires d’été se consomment généralement assez rapidement, alors que certaines poires d’automne et d’hiver peuvent se conserver plusieurs semaines, voire davantage dans de bonnes conditions.
Le poirier peut être touché par plusieurs maladies et ravageurs. Une bonne aération de la ramure, le ramassage des fruits malades et l’observation régulière de l’arbre permettent de limiter de nombreux problèmes.
La tavelure provoque des taches sombres sur les feuilles et les fruits. Les attaques précoces peuvent déformer les jeunes poires ou provoquer des crevasses.
Ramassez les feuilles fortement atteintes et les fruits malades tombés au sol. Une ramure suffisamment aérée sèche également plus rapidement après la pluie.
Le carpocapse est responsable des fameux « vers » présents dans les poires. Les pièges à phéromones sont notamment utiles pour surveiller les vols des papillons et déterminer les périodes à risque.
La moniliose entraîne la pourriture des fruits, souvent après une blessure. Retirez les fruits atteints, y compris les fruits momifiés restant dans l’arbre.
Des feuilles déformées, collantes ou couvertes de miellat peuvent révéler la présence de pucerons ou de cochenilles. Identifiez le parasite avant d’intervenir afin d’adapter la méthode de lutte.
Pour aller plus loin : maladies du pommier et du poirier : identification et traitements.
Le choix dépend du climat, de la place disponible, de la période de récolte, du goût recherché et de la présence d’un pollinisateur compatible.
| Variété | Période | Caractéristiques |
|---|---|---|
| ‘Williams’ | Fin d’été | Chair fine, juteuse et parfumée |
| ‘Conférence’ | Début d’automne | Allongée, fondante, bonne conservation |
| ‘Beurré Hardy’ | Début d’automne | Chair fondante, sucrée et parfumée |
| ‘Doyenné du Comice’ | Automne | Grosse poire, chair fine et fondante |
Retrouvez notre sélection complète : variétés de poires : quel poirier choisir ?
Un poirier qui fleurit peu ou ne produit pas de fruits peut avoir plusieurs causes. L’âge de l’arbre n’est qu’une possibilité.
| Observation | Cause possible |
|---|---|
| Pas ou peu de fleurs | Arbre jeune, taille trop sévère, excès de vigueur ou manque de lumière |
| Beaucoup de fleurs mais pas de fruits | Pollinisation insuffisante, variété incompatible ou gel tardif |
| Petites poires qui tombent | Nouaison insuffisante, stress hydrique ou chute physiologique naturelle |
Pas toujours, mais de nombreuses variétés fructifient nettement mieux en présence d’un autre poirier compatible fleurissant à la même période. Un arbre situé dans un jardin voisin peut également participer à la pollinisation.
L’automne et l’hiver, hors périodes de gel, sont particulièrement adaptés, surtout pour les arbres à racines nues. Un poirier en conteneur peut aussi être planté au printemps avec un suivi attentif de l’arrosage.
Cela dépend du porte-greffe, de la variété, de l’âge du plant et de sa conduite. Les arbres sur porte-greffes peu vigoureux produisent généralement plus jeunes que les grands poiriers de plein vent.
Une mauvaise pollinisation est une cause fréquente. Vérifiez la présence d’une variété compatible fleurissant simultanément. Une gelée tardive peut également détruire les fleurs ou les jeunes fruits.
Choisissez un emplacement ensoleillé. Une situation abritée des vents froids est particulièrement intéressante dans les régions exposées aux gelées printanières.
Oui. Choisissez un arbre greffé sur un porte-greffe de faible vigueur ou une forme palissée. Un poirier conduit en palmette contre un mur occupe beaucoup moins de place qu’un arbre de plein vent.
La date dépend de la variété. De nombreuses poires sont récoltées encore fermes lorsqu’elles se détachent facilement en relevant délicatement le fruit. Elles poursuivent ensuite leur maturation après la cueillette.
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Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.