Les asters comptent parmi les vivaces les plus généreuses du jardin. Souvent associés aux grandes floraisons mauves de septembre et d’octobre, ils peuvent en réalité fleurir du printemps jusqu’aux premières gelées selon les espèces. Nains ou hauts, blancs, roses, bleus, mauves ou pourpres, ils trouvent leur place en bordure, en massif, en rocaille ou en pot et offrent une précieuse source de nectar aux pollinisateurs.
| Nom | Aster, Aster spp. et genres apparentés |
| Famille | Astéracées |
| Type | Plante vivace |
| Hauteur | 20 cm à plus de 1,50 m selon les espèces |
| Exposition | Soleil, parfois mi-ombre selon l’espèce |
| Sol | Ordinaire, fertile et bien drainé, variable selon l’espèce |
| Feuillage | Caduc |
| Floraison | Printemps à automne selon les espèces |
Il n’existe pas une seule saison des asters. En choisissant plusieurs espèces, il est possible d’obtenir une floraison échelonnée du printemps jusqu’aux premières gelées.
| Aster | Floraison | Hauteur | Utilisation | Ce qui la distingue |
|---|---|---|---|---|
| Aster alpinus | Avril à juin | 15–30 cm | Rocaille, bordure | Le seul du genre à fleurir avant l’été. Fleurs mauves, roses ou blanches à cœur jaune |
| Aster tongolensis | Mai à juillet | 30–60 cm | Massif, jardin naturel | Bleu lavande à cœur orangé : le contraste le plus net du genre |
| Aster amellus | Juillet à septembre | 40–70 cm | Sol sec, massif | Seule espèce européenne indigène — l’œil-du-Christ. La plus tolérante à la sécheresse estivale |
| Aster × frikartii ‘Mönch’ | Été à début d’automne | 60–90 cm | Massif, longue floraison | Résiste à l’oïdium, contrairement à la plupart des asters d’automne |
| Aster dumosus — asters nains | Août à octobre | 20–50 cm | Bordure, potée | Coussins denses. C’est lui qu’on vend sous les noms Showmaker, Starletta, Carnaval ou Magic |
| Symphyotrichum novi-belgii | Fin d’été à automne | 60–120 cm | Massif, fleurs à couper | Anciennement Aster novi-belgii. Cultivars innombrables, mais sensible à l’oïdium et exigeant en fraîcheur |
| Symphyotrichum novae-angliae | Fin d’été à automne | 100–150 cm | Fond de massif | Anciennement Aster novae-angliae. Tiges assez robustes pour se passer de tuteur |
| Eurybia divaricata | Fin d’été à automne | 40–70 cm | Mi-ombre, sous-bois clair | Le seul qui fleurisse vraiment à l’ombre |
La majorité des asters fleurissent davantage au soleil. Certaines espèces tolèrent cependant la mi-ombre, voire la préfèrent, comme Eurybia divaricata.
Le sol idéal dépend donc de l’espèce choisie, mais la plupart apprécient :
Les espèces comme Aster amellus supportent mieux les terrains secs, tandis que certains grands asters d’automne donnent de meilleurs résultats dans une terre restant fraîche en été.
Les asters peuvent être plantés au printemps ou à l’automne. Le choix dépend surtout du climat et des conditions du jardin plutôt que de la période de floraison de l’espèce.
Évitez simplement de planter pendant une période de gel, de forte chaleur ou dans un terrain saturé d’eau.
L’espacement varie beaucoup selon la variété : comptez environ 30 cm pour les formes compactes et jusqu’à 60 cm ou davantage pour les grands asters.
Les asters peuvent très bien pousser en pot, en particulier les variétés compactes. Ils permettent de fleurir une terrasse ou un balcon à une période où de nombreuses plantes commencent à décliner.
En pot, évitez les apports d’engrais systématiques tous les quinze jours sans tenir compte du substrat et de la vigueur de la plante : un excès d’azote produit des tiges tendres et peut réduire leur tenue.
La racine d’un aster court en surface et s’étale : c’est le diamètre qui compte, pas la profondeur. Un pot trop étroit donne une touffe qui se dégarnit par le centre dès la deuxième année et ne fleurit plus qu’en couronne.
| Type d’aster | Hauteur | Diamètre de pot | Volume |
|---|---|---|---|
| Nains dumosus — bordure, potée | 25 à 40 cm | 22 à 25 cm | 6 à 8 L |
| Novi-belgii compacts | 40 à 60 cm | 28 à 30 cm | 12 à 15 L |
| Amellus et frikartii | 50 à 70 cm | 30 cm | 15 à 20 L |
| Novae-angliae — les grands | 1 m et plus | 40 cm minimum | 30 L |
Un aster d’un mètre dans un pot de 20 cm verse au premier coup de vent d’octobre, au moment précis où il est le plus lourd de fleurs. Mieux vaut un nain dans le bon volume qu’un grand à l’étroit.
Deux tiers de terreau pour un tiers de sable grossier ou de pouzzolane. C’est l’inverse du réflexe habituel : en pleine terre l’aster supporte un sol lourd, en pot il ne supporte pas l’eau qui reste. Un lit de billes d’argile au fond ne remplace pas un substrat drainant — il déplace le problème de quelques centimètres.
En pleine terre, un aster installé se passe d’arrosage. En pot, c’est la plante qui sèche le plus vite du balcon, et elle sèche en pleine floraison, au moment où l’on a cessé de la surveiller.
Le signal se lit avant les feuilles : les boutons encore fermés brunissent et tombent. À ce stade ils ne rouvriront pas — la floraison de l’année est amputée, même si la plante survit. Arrosez dès que le substrat est sec sur trois centimètres, et videz la soucoupe : l’eau qui stagne dessous fait pourrir le collet aussi sûrement qu’un excès d’arrosage.
Un aster est rustique à −20 °C. Ce chiffre ne vaut qu’en pleine terre, où la masse du sol protège les racines. Dans un pot, la motte gèle de tous les côtés à la fois — et c’est là que se perdent les potées qu’on croyait solides.
C’est le geste que personne ne fait, et il explique la plupart des potées décevantes. Passé deux saisons, la touffe s’épuise, fleurit sur sa périphérie et laisse un centre nu. Au printemps, sortez la motte, coupez-la en deux ou trois éclats en gardant les parties extérieures — les plus vigoureuses — et rempotez dans du substrat neuf. La méthode est celle de la pleine terre : diviser les plantes vivaces.
Showmaker, Starletta, Carnaval, Magic : ce sont des noms de séries commerciales, pas des espèces botaniques. Ils désignent pour l’essentiel des Aster dumosus et des novi-belgii nains, sélectionnés précisément pour la potée — port compact, floraison dense, tenue sans tuteur. Une même série se décline en plusieurs coloris sous le même nom, ce qui explique qu’on retrouve le même terme sur des plantes différentes d’une jardinerie à l’autre. Pour un balcon ce sont les bons candidats ; pour un massif, on leur préférera les variétés d’automne, plus hautes.
Les asters sont des vivaces faciles à vivre. Une fois bien installés, quelques interventions suffisent à maintenir des touffes denses et florifères.
Arrosez régulièrement après la plantation. Les besoins diminuent ensuite, mais certains asters d’automne apprécient une terre qui ne se dessèche pas complètement pendant l’été.
Un manque d’eau prolongé peut également favoriser l’apparition d’oïdium chez les variétés sensibles.
La suppression des fleurs fanées garde les touffes plus nettes et peut prolonger leur intérêt décoratif. Elle n’est cependant pas obligatoire.
En fin de saison, vous pouvez laisser quelques tiges sèches : elles structurent le jardin en hiver et les graines peuvent profiter à certains oiseaux.
Les tiges sèches peuvent être coupées à la fin de l’hiver ou au début du printemps, avant le redémarrage de la végétation.
Attendre la fin de l’hiver permet également de conserver plus longtemps les silhouettes sèches et de laisser un abri à une partie de la petite faune du jardin.
Les variétés hautes peuvent être pincées à la fin du printemps ou au début de l’été pour obtenir des plantes plus ramifiées, plus compactes et moins sensibles au vent.
Évitez toutefois de pincer trop tard, au risque de retarder la floraison.
La division des touffes est la méthode la plus simple pour multiplier les asters tout en rajeunissant les pieds devenus trop denses.
Elle peut être réalisée tous les trois à quatre ans environ, en fonction de la vigueur de la plante.
À lire : comment diviser les plantes vivaces.
Les asters sont globalement robustes, mais certaines variétés sont particulièrement sensibles à l’oïdium.
| Problème | Symptômes | Prévention / action |
|---|---|---|
| Oïdium | Dépôt blanc poudreux sur les feuilles | Espacer les plants, éviter le stress hydrique et choisir des variétés moins sensibles |
| Limaces et escargots | Jeunes pousses grignotées | Surveiller particulièrement les jeunes pousses au printemps |
| Taches foliaires et rouille | Taches ou pustules sur les feuilles | Aérer les touffes et éliminer les feuilles fortement atteintes |
Évitez en revanche les « barrières naturelles » à base de cendres ou de coquilles présentées comme solutions fiables contre les limaces : leur efficacité est très limitée, notamment dès qu’elles sont humides.
Un aster qui produit beaucoup de feuillage mais peu de fleurs peut souffrir de plusieurs problèmes.
| Observation | Cause possible | Que faire ? |
|---|---|---|
| Beaucoup de feuilles, peu de fleurs | Manque de soleil ou excès d’azote | Améliorer l’exposition et limiter les engrais riches en azote |
| Touffe peu florifère et dégarnie au centre | Vieillissement | Diviser et replanter les parties périphériques vigoureuses |
| Floraison retardée | Pincement ou taille trop tardive | Intervenir plus tôt la saison suivante |
Grâce à leurs nombreuses hauteurs et périodes de floraison, les asters s’intègrent facilement dans les massifs de vivaces.
Les asters sont particulièrement intéressants pour la biodiversité en raison de leur floraison riche en nectar et en pollen. Les espèces automnales prennent une importance particulière lorsque les ressources florales commencent à diminuer.
Dans un jardin favorable à la biodiversité, associer des asters de différentes périodes de floraison à d’autres plantes mellifères permet d’étaler les ressources disponibles pendant une grande partie de l’année.
Le mot « aster » désigne aujourd’hui au jardin un ensemble de plantes de la famille des Astéracées qui ne sont plus toutes classées dans le genre botanique Aster.
Les travaux de classification ont notamment conduit à transférer plusieurs asters nord-américains vers d’autres genres. Ainsi :
Ces changements n’empêchent pas le terme aster de rester parfaitement pertinent comme nom horticole commun.
Oui. La plupart des asters cultivés au jardin sont des plantes vivaces qui repoussent au printemps. La division régulière permet de conserver des touffes vigoureuses.
Le printemps et l’automne sont les deux principales périodes de plantation. Évitez les périodes de gel, les fortes chaleurs et les sols détrempés.
La majorité des asters préfèrent le soleil. Certaines espèces, comme Eurybia divaricata, acceptent très bien la mi-ombre.
Vous pouvez laisser les tiges sèches pendant l’hiver puis rabattre les touffes à la fin de l’hiver ou au début du printemps, avant le départ des nouvelles pousses.
Espacez suffisamment les plantes, évitez les situations confinées et le stress hydrique et choisissez des variétés moins sensibles. Les asters de Nouvelle-Belgique sont particulièrement connus pour leur sensibilité à cette maladie.
Oui. Les variétés compactes sont particulièrement adaptées. Choisissez un contenant percé suffisamment large et surveillez davantage l’arrosage qu’en pleine terre.
Les Symphyotrichum novae-angliae et S. novi-belgii comptent parmi les grands classiques. Pour une petite bordure ou un pot, préférez les formes compactes commercialisées comme asters nains.
Oui. Aster alpinus et Aster tongolensis font partie des asters à floraison précoce et permettent de fleurir rocailles et bordures bien avant les asters d’automne.
©tais, ©Veroja
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.